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Appels à l’application de l’accord de la saint-Sylvestre : le satisfécit du Comité laïc de coordination !

La structure catholique a relevé, le 12 mars à Kinshasa, dix victoires engrangées par la population congolaise à l’issue de ses dernières manifestations, appelant à nouveau à d’autres actions en vue de mener la vision de liberté, d’indépendance et d’autodétermination des Congolais jusqu’au bout.

Dans un appel à la population congolaise du 12 mars, le Comité laïc de coordination (CLC) a fait une évaluation des trois marches organisées dans le pays. « Au terme des trois grandes actions organisées par le Comité laïc de coordination (marches du 31 décembre 2017, 21 janvier et 25 février 2018) faisons tous ensemble, croyants, hommes et femmes de bonne volonté, au pays et dans la diaspora, un arrêt pour évaluer ensemble ces petites victoires qui constituent le principal acquis de ces manifestations. », écrit le CLC dans son appel.

Pour amener cette vision jusqu’au bout, les laïcs catholiques ont encore appelé la population congolaise à participer massivement à d’autres actions prévues pour les prochains jours. Il s’agit de la participation à la messe de morts des martyrs du 25 février 2018, le  16 mars à 10 h à la cathédrale Notre-Dame-du-Congo; la sonnerie des cloches, tous les jeudis à 21 h dans toutes les paroisses de Kinshasa et des provinces, accompagnée des sifflets, klaxons et autres bruits de casseroles ; la poursuite assidue des formations à la non-violence évangélique active dans les différentes paroisses de Kinshasa et de l’intérieur du pays; l’organisation des prières, sermons et autres prêches de réarmement spirituel pour continuer à porter la croix, passage obligé vers la résurrection de la nation congolaise; ainsi que les actions diplomatiques en direction de nombreux partenaires de la RDC avec l’aide des Congolais de la diaspora.

Le satisfécit du CLC en dix points

A en croire le CLC, la première victoire de la population est celle sur sa propre peur. « Oui, il nous a fallu braver nos peurs individuelles et communes pour nous mettre debout et crier haut et fort que nous n’acceptions plus ce mode de gestion inhumain que le régime imposait à toute notre nation. », a fait savoir le CLC, ajoutant que la deuxième victoire, c’est « d’avoir transféré la peur dans le camp des dirigeants politiques, militaires, policiers et autres agents des services de sécurité ». Les manifestations de cette peur, a souligné le CLC, sont nombreuses avant, pendant et après chaque manifestation.

Comme preuve de cette peur, le CLC a cité notamment la panique dès l’annonce d’une marche; l’organisation de réunions multiples et coûteuses pour contrecarrer les manifestations pacifiques; l’approvisionnement en arme létale, gaz lacrymogènes et autres balles; la mobilisation des communicateurs de la majorité qui, souvent, ne savent pas par où prendre les organisateurs des marches; les menaces officielles avec, pour la première fois dans le pays, des mandats de justice pour de simples organisateurs de marches pacifiques; l’érection des barrières pour intimider la population ; les tracasseries et autres confiscations de téléphones mobiles de jour comme de nuit; la profanation des lieux de cultes et visites impromptues des résidences des prêtres, religieux, religieuses et laïcs; humiliations, arrestations arbitraires, empressement d’emporter les corps des victimes pour cacher leurs forfaitures, etc.

La troisième victoire, selon le CLC, c’est d’avoir révélé l’existence des divisions au sein du pouvoir en place. Alors que la quatrième est d’avoir mis à nu un régime dictatorial qui s’acharnait à se cacher derrière une démocratie de façade. « Aujourd’hui, à bout de souffle, ce régime va jusqu’à instrumentaliser nos jeunes à qui, vingt ans durant, il n’a offert ni maison, ni école, ni soins de santé, ni nourriture, ni emploi et pire ni culture, ni valeurs, ni avenir. », a relevé le CLC. La cinquième victoire, ce sont les lignes qui bougent sur le plan politique pendant que la sixième est l’adhésion des Congolaises et Congolais à la mobilisation du CLC.

La septième victoire, note le CLC, est cette église debout dont les bergers sont constamment à l’écoute de la misère du peuple et prennent la décision de l’accompagner dans la matérialisation de son être prophétique. La huitième est l’espérance têtue qui continue à « nous mobiliser et à refuser les nombreuses manipulations et autres tentatives de nous démobiliser ou de nous diviser ». L’avant dernière victoire ce sont, à en croire le CLC, ces héros de la démocratie. «  Ils ont un nom, un visage, un âge. Ils sont morts ; ils sont vivants ; enterrés en cachette ou non ; dans des tombes connues ou inconnues; avec une croix portant le nom de chacun ou pas. Ils continueront à nous exiger une participation citoyenne rigoureuse et désormais active pour éviter de retomber dans une dictature nouvelle coûteuse en vies humaines.

La démocratie pour laquelle ils ont marché et pour laquelle ils ont donné leur vie est celle qui repose sur les valeurs d’égalité, de participation, de liberté et de justice », a souligné le CLC pour qui la dixième victoire est le rêve commun partagé aujourd’hui comme celui des enfants d’Israël qui, sous la conduite de Moïse, se dirigeaient vers la Terre Promise. « Cette terre promise pour nous est celle de la liberté et de l’indépendance réelle et non fictive.

Une liberté qui nous permettra de choisir nous-mêmes nos dirigeants, de mettre en place une économie de communion et de solidarité au service de notre bien-être à tous, de développer des idées et des pensées propres à nous qui seront à la base d’une nouvelle manière d’agir et de vivre ensemble. Cette terre promise pour nous est celle de la démocratie véritable et non d’une démocratie de façade. », a insisté le CLC.

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