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Candidat commune de l’opposition: qui de kamerhe, Katumbi, Tshisekedi,… ?

« Ensemble », plateforme électorale de soutien à la candidature de Moïse Katumbi à la présidentielle du 23 décembre prochain, a résolu de rejoindre le bloc UDPS-UNC-MLC. C’est ce qu’a annoncé Baudoin Mayo, contacté au téléphone, hier jeudi 19 avril par Top Congo FM. L’union repose sur une philosophie électorale sans ambiguïté.  » Nous aurons une candidature commune et non un candidat unique « , précise ce cadre du parti cher à Vital Kamerhe, ajoutant que le parti d’origine du candidat commun de leur cartel n’importera que trop peu.

A l’aube des élections pour lesquelles aucun consensus n’est encore dégagé de manière inclusive, chaque partie prenante au processus électoral bouge ses pions. Et, sans l’ombre d’un doute, un Félix Tshisekedi hier président du RASSOP/Limete (qui a carrément volé en éclats en sourdine) actuellement président de l’UDPS/Limete ainsi qu’un Katumbi jadis ténor politique VIP de la MP présentement un des plus – si pas le – plus grand nom anti-régime de Kinshasa saisissent eux, aussi, la balle au bond. L’enjeu pour ces deux figures phares de l’Opposition est plus qu’évidente. Il est question de se confirmer dans l’opinion comme le candidat attitré à la présidentielle de décembre 2018.

D’ores et déjà, l’annonce de cette méga plateforme électorale, UDPS-UNC-ENSEMBLE…-MLC, qui réunit les principaux partis de l’opposition en RD Congo, parait comme un démenti du divorce entre Katumbistes et Tshisekedistes. Car, aux premières heures de la création de « Ensemble pour le Changement » à Johannesburg, nombreux sont des analystes qui avaient pris leurs plumes pour dire que l’initiative mettait désormais dos à dos, le chairman de TP Mazembe et Tshisekedi junior. Pourvu que rien ne vienne perturber cette  » nuit  » de noces qui paraît bien longue.

QUI DE MOISE KATUMBI, VITAL KAMERHE OU FATSHI ?

La question tombe à pic s’ils s’inscrirent et extrapolent l’idée lancée par Félix Tshisekedi sur les ondes de RFI, à savoir qu’il était prêt pour des primaires avec Moïse Katumbi dans l’Opposition avant les joutes du 23 décembre 2018.

Que l’Opposition congolaise ait pris l’option d’une candidature commune, elle l’aura sans doute tiré les leçons de sa piètre performance des deux précédents scrutins de 2006 et 2011. Si l’idée fondatrice de la nouvelle plateforme électorale de l’Opposition, est de présenter un candidat unique devant affronter celui du camp adverse, il n’y aurait peut-être rien à redire.

Cependant, une question demeure. Celle de savoir sur quel candidat l’Opposition portera son choix. Plus trivialement, qui de Moïse Katumbi, Vital Kamerhe ou Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi, représentera l’opposition à la prochaine élection présidentielle ? Il semble que c’est là, le nœud du problème.

Il faut dire que les sorties médiatiques des caciques du pouvoir contre Katumbi avec notamment, ce sujet épineux « de sa double nationalité » qui le rendrait inéligible ainsi que les tirs mouchetés contre Félix Tshisekedi donneraient même de la légitimité à ces deux figures qui crèvent donc l’écran, attirant tous les phares de l’Opposition sur leurs personnes et noms.

 

Il est vrai également qu’à ce jour, Vital Kamerhe n’a pas encore clairement déclaré sa candidature au scrutin présidentiel de décembre prochain. Un silence diversement interprété dans l’opinion. Stratégie politique pour certains Kinois. Renonciation tacite pour d’autres. Toujours est-il qu’en opérateur politique averti, Vital Kamerhe est pour l’instant, le seul qui connait les raisons de sa réserve.

LE « MATCH » DES MANIFESTATION POUR DEPARTAGER ?

 

Entretemps, parmi les candidatures affichées de l’opposition, figurent celles de Moïse Katumbi et Fatshi. Entre les deux acteurs, qui s’effacera au profit de l’autre ? en d’autres termes, entre Katumbistes et Tshisekedistes la guerre froide n’est-elle pas lancée ? Au stade actuel des choses, il nous parait hasardeux d’ouvrir la boite de Pandore. Néanmoins, la question vaut son pesant d’or.

D’ores et déjà, nombre d’observateurs anticipent cette problématique (épineuse ?). Certains perçoivent déjà une difficulté réelle qui se poserait en termes de gestion des ambitions dans le camp de l’opposition.

Par ailleurs, certaines plumes, crachant leurs écrits dans les réseaux sociaux, estiment que le go des primaires a déjà été donné entre ces deux maîtres-à-penser du Rassemblement/Limete qui est entré en hibernation depuis que Félix Tshisekedi a décidé comme Katumbi de jeter son dévolu sur la magistrature suprême.

Pour étayer cette thèse, elles soutiennent en off que les rumeurs sur les tractations Félix-Kabila pour une nouvelle nomination à la Primature était une manœuvre des milieux « proches du chairman du TP Mazembe ». Vrai ou faux, ces allégations non prouvées révèlent que le doute semé dans les esprits, la communion réelle n’est plus que de forme ou d’intérêt.

 

Par contre, d’autres pensent que le moment venu, les leaders de l’opposition finiront par accorder leurs violons autour d’un candidat commun ou un candidat unique – c’est selon – la guerre sémantique ou conceptuelle importe peu. L’essentiel étant de ne pas aller aux élections en ordre dispersé.

Toutefois, à rester sur des analyses des faits, c’est la programmation de deux prochains meetings à Kinshasa un, pour l’Udps sous la férule de Félix Tshisekedi, l’autre, par la plateforme « Ensemble pour le Changement » sous le leadership de Katumbi qui sonne le gong. En effet, alors que le parti de Feu Etienne Tshisekedi a informé l’Hôtel de Ville de Kinshasa de la tenue de son meeting annoncé depuis pour ce 24 avril à la place Sainte Thérèse, le même jour, donc hier, « Ensemble pour le Changement » a, pour sa part, dévoilé la programmation du sien pour ce 9 mai à un lieu qui sera indiqué.

Mais, au-delà, les analystes se posent la question de savoir où ira donc les actions séparées des Katumbistes et Tshisekedistes dans cette quête, véritablement, d’une investiture par le peuple de Katumbi ou Félix Tshisekedi comme candidat président adoubé. Cela, d’autant qu’il paraît, une fois de plus, que les opposants, eux, ne pourront pas tabler cette fois comme en 2011 sur un candidat commun-unique.

LE JEU S’ECLAIRCIT DE PLUS EN PLUS

 

A théoriquement huit mois max, des élections en RD Congo, les dés semblent jetés. Au fil des jours, le jeu se montre davantage beaucoup plus clair. C’est l’heure des Alliances. A chacun son partenaire. Et, chaque camp ne jure que pour une victoire finale à tous les niveaux du scrutin officiellement annoncé pour le 23 décembre. De bonne guerre, tant il est légitime pour chacun de rêver un avenir radieux !

Déjà à ce jour, plusieurs coalitions électorales sont nées. Conséquence du seuil de représentativité nationale fixé à 1%, dans la nouvelle loi électorale. De même que l’opposition ménage sa monture pour cette ultime bataille électorale qui s’annonce rude, la Majorité présidentielle (MP), elle aussi, bat le rappel de ses troupes.Un travail de fond se fait sur terrain. Objectif final : mettre en place une méga plateforme électorale pour faire faire face aux prochains enjeux. Le Président Joseph Kabila l’avait clairement dit lors d’un Conseil extraordinaire des ministres, présidé personnellement le jeudi 13 avril dans sa ferme de Kingakati, à quelque 80 km du centre-ville.

Au cours de cette réunion, l’Autorité morale de la MP avait rappelé que l’objectif de la rencontre consistait à  » mettre en place une méga Coalition électorale « , afin de faire face aux défis d’après-élections. Occasion aussi pourle Raïs, d’émettre le vœu de voir le processus électoral en cours, se dérouler et aboutir dans un climat de total apaisement.  » Que les guerres d’après-élections appartiennent plus que jamais au passé « ,avait apostrophé Joseph Kabila

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