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COLETTE BRAECKMAN :Martin Fayulu est arrivé en tête avec une confortable avance, même dans le fief de l’UDPS à Limete

« Dans tous les bureaux de vote que nous avons visité à Kinshasa, sans exception, un seul homme est arrivé en tête, avec une confortable avance, Martin Fayulu. Même dans le fief de l’UDPS à Limete il a rélégué Félix Tshisekedi à la deuxième place tandis que Shadary Ramazani, le bénéficiaire de la mobilisation « napoléonienne » des siens, n’a jamais décollé de la troisième position… » , Ecrit Colette Braeckman

Colette Braeckman, une journaliste belge,  membre de la rédaction du journal belge francophone Le Soir, responsable de l’actualité africaine et plus particulièrement de l’Afrique centrale, fait  des constats sur les  élections dans la ville de Kinshasa.

En plus du soulagement d’une opinion qui a douté de la réalité du vote jusqu’en dernière minute, et au delà de l’épuisement des équipes de la Ceni, quelques premiers constats s’imposent.

Le premier, c’est que la désormais fameuse machine à voter tant vilipendée a finalement fait ses preuves. Certes, il y eut des couacs, des pannes techniques, les contestations seront inévitables mais, en définitive, comme le reconnait un professeur de l’athénée Bosangana, « nous avons économisé des tonnes de papier et gagné du temps car chaque opération de vote n’a pris qu’entre une ou deux minutes ».

Le deuxième constat, qui n’était pas évident dimanche, est un taux d’abstention relativement élevé dans la capitale : alors que chaque bureau de vote était programmé pour accueillir 660 électeurs, il a rarement dépassé les 450  votants. Les fortes pluies de dimanche matin sont certainement en cause ainsi que l’affluence de la mi-journée, qui a découragé les moins patients. S’y ajoutent aussi les rigueurs de la technique programmées pour fonctionner durant onze heures d’affilée, les machines ne permettent guère de prolongation.

Un troisième constat, c’est que les observateurs, mobilisés par la société civile, les églises et les mouvements associatifs étaient peut-être plus nombreux que les témoins présentés par les partis politiques. Or ces derniers sont indispensables : eux seuls peuvent, en signant un document commun, valider la régularité d’une fiche de résultats, qui peut être consultée en cas de contestation.

Enfin, l’opposition, jusqu’en dernière minute, a douté de la réalité du scrutin. Elle s’est révélée incapable de présenter un candidat commun et, au niveau des témoins, a compter sur des bonnes volontés de dernière minute, De l’autre côté, le FCC, Front commun pour le Congo, vaste plateforme autour de la majorité présidentielle, s’était préparé depuis des mois avec l’efficacité d’une machine de guerre. Un million de témoins ont ainsi été déployés à travers le pays, reliés à un call-center en plein centre de Kinshasa. Dans cette véritable salle d’état-major parallèle, téléphones et ordinateurs ont transmis en direct les résultats venus de tout le pays.
Mais même les batailles les mieux préparées peuvent révéler des surprises : dans tous les bureaux de vote que nous avons visités à Kinshasa, sans exception, un seul homme est arrivé en tête avec une confortable avance: Martin Fayulu. Même dans le fief de l’UDPS à Limete, il a relégué Félix Tshisekedi à la deuxième place tandis que Shadary Ramazani jamais décollé de la troisième position.
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