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Comores : le président Assoumani annonce de probables élections anticipées pour 2019

Le président des Comores Azali Assoumani a secoué la scène politique de l’archipel en annonçant coup sur coup une réforme des institutions et une probable élection présidentielle anticipée dès 2019, à laquelle il entend bien se présenter.

Élu en 2016 pour un mandat non renouvelable de cinq ans, M. Azali, un ancien putschiste, a d’abord dévoilé samedi soir la tenue en juillet d’un référendum constitutionnel destiné à modifier l’organisation des pouvoirs publics, dont vraisemblablement la présidence.

“Je propose un processus de modification (de la Constitution) pour assurer la stabilité et le développement du pays”, a-t-il déclaré lors d’une allocution radiotélévisée.

Dès le lendemain, il a profité d’une visite de terrain à Anjouan, une des trois îles de l’archipel de l’océan Indien dont il est originaire, pour évoquer la tenue d‘élections anticipées.

“Le chef de l’Etat a indiqué que si le référendum sur les modifications constitutionnelles était approuvé, il y aurait une série d’élections et qu’il serait lui-même candidat”, a confirmé lundi à l’AFP un de ses conseillers.

“Il n’y a pas de doute, il faut s’attendre à une nouvelle élection présidentielle”, a-t-il ajouté sous couvert d’anonymat.Une source proche du palais présidentiel de Beït-Salam a confirmé à l’AFP que ce scrutin aurait “probablement” lieu dès le premier trimestre de l’année prochaine. M. Azali devrait tenir une conférence de presse lundi en fin de journée, selon la même source.

Lors de son discours samedi soir, le chef de l’Etat n’a donné aucun détail sur la réforme institutionnelle qu’il envisageait. “Il s’agit d’ouvrir une nouvelle page de l’histoire de notre pays (…) et d’assurer un meilleur avenir à notre peuple”, a-t-il déclaré.

Présidence tournante

Mais il a précisé qu’il souhaitait “mettre en œuvre les recommandations des Assises nationales” qui se sont tenues à Moroni en février pour tirer le bilan des quarante-trois ans de l’indépendance de l’archipel de l’océan Indien.

Cette réunion s‘était notamment prononcée pour une réforme des institutions du pays, dont celle de la présidence tournante entre les trois îles qui forment l’Union des Comores (Anjouan, Grande-Comore et Mohéli).

Ce mécanisme complexe, mis en place par la Constitution de 2001, a stabilisé l’archipel, secoué par des crises séparatistes et plusieurs coups d’Etat, dont le dernier remonte à 1999 et avait porté au pouvoir… M. Azali.

L’officier était arrivé aux commandes par un putsch qu’il avait présenté a posteriori comme une interposition de l’armée pour prévenir une guerre civile, alors que le pays traversait une crise sécessionniste (1997-2001). Il était resté au pouvoir jusqu’en 2006 avant de le céder démocratiquement à Ahmed Abdallah Sambi, nouvellement élu.

M. Azali avait ensuite été élu en 2016, selon les termes de la nouvelle constitution, au terme d’un scrutin chaotique et contesté.

Cette élection avait nécessité l’organisation inédite d’un troisième tour de scrutin dans une douzaine de bureaux de vote d’Anjouan pour départager les deux candidats arrivés en tête.

Depuis plusieurs mois, le chef de l’Etat essuie les vives critiques de ses adversaires politiques, qui l’accusent de dérive autoritaire.

Mi-avril, il s‘était attiré les foudres de l’opposition en suspendant la plus haute juridiction du pays, la Cour constitutionnelle, en raison d’un “nombre incomplet de juges”.

“On est sorti des limites de la démocratie”, s‘était insurgé Youssouf Boina, secrétaire général de l’Union pour le développement des Comores (UPDC), un des deux principaux partis d’opposition. “Le président a dissous l’ordre constitutionnel au profit d’un ordre monarchique”, avait-il déploré.

Ancienne colonie française, les Comores, composées de quatre îles (Grande-Comore, Anjouan, Mohéli et Mayotte), ont proclamé leur indépendance de Paris en 1975, mais Mayotte a décidé de rester dans le giron de la France et est devenu un département. Moroni revendique depuis la souveraineté sur l‘île française.

Les tensions sont régulières entre Moroni et Paris, en raison d’une forte immigration clandestine en provenance des Comores à destination de Mayotte, distante d‘à peine 80 km.

AFP

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