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Coup d’Etat monté et manqué de 1975 : Lisanga Bonganga de nouveau absent à la Haute cour militaire

Le ministre d’Etat et ministre des Relations avec le Parlement craindrait des ennuis judiciaires.

Invité pour la 3ème fois à venir éclairer la Haute Cour Militaire dans l’affaire du sénateur 0mba contre l’Auditeur général et ministère public, Lisanga Bonganga, ministre d’Etat et ministre en charge des Relations avec le Parlement, s’est une fois de plus absenté du prétoire, au motif qu’il était retenu à une manifestation officielle organisée le vendredi 13 juillet, à la cité de l’Union africaine, il devait prendre également part, le même jour, à une réception à laquelle étaient conviés tous les membres du gouvernement.

La Haute cour a ainsi accordé la parole à ses deux avocats. Mes Bopande et Mboyo, porteurs d’une procuration spéciale signée de sa main, pour le représenter, alors que les renseignants ne peuvent pas être assistés, car ne faisant pas l’objet de poursuites judiciaires. Ce sont les deux conseils qui ont présenté les excuses du ministre à la haute cour militaire et promis qu’à la prochaine audience, il pourra comparaître personnellement.

Vendredi dernier, la haute cour a déploré à ce sujet, les absences répétées de Lisanga Bonganga qui depuis le début de cette affaire, en 2013, s’obstine à ne pas comparaître, comme s’il se reprochait quelque chose. A cette époque, il n’était pourtant que simple citoyen. A la  demande du président des céans, le greffier en chef, le colonel Jean-Philippe Nkiama Mata, a rappelé que la première invitation datant du 3 avril 2013, requérait sa comparution à l’audience du 12 avril 2013, tandis que pour la seconde invitation lui adressée le 30 avril pour se présenter le 3 mai 2013, c’est son élément de garde, Reddy Mbala qui avait réceptionné le courrier. Le général-major Delphin Nyembo ya Buzilu, président des céans, a tenu au début de l’audience de vendredi dernier, à rappeler à tous l’intérêt majeur manifesté par sa haute juridiction à entendre bon nombre d’anciens membres de la Commission des assassinats et violations des droits de l’homme de la Conférence nationale souveraine. Ce n’est pas pour des aspects politiques, a-t-il précisé que la Haute cour militaire poursuit l’instruction de cette affaire.

Apolitique, la Justice militaire ne voit que l’aspect judiciaire et tient aux faits et aux faits seulement, contrairement à l’agitation médiatique enregistrée durant toute la semaine dernière. Il a fustigé les interprétations politiques relevées dans les médias et dit qu’il n’est pas sérieux de verser dans des considérations politiques quand la HCM, encore au niveau de la collecte des éléments pour asseoir l’intime conviction des juges, fait appel aux renseignants. Et de préciser que cette intime conviction doit reposer sur la connaissance parfaite des faits.

Et comme on le sait, avant de se prononcer, les juges doivent avoir une somme d’éléments qui doivent concourir à éclairer leur lanterne. C’est dans le souci de recueillir suffisamment d’éléments dans le dossier du « Coup d’Etat monté et manqué de 1975 » que la Haute cour militaire tient coûte-que-coûte à la comparution du ministre Lisanga Bonganga.

C’est dans ce même cadre qu’ont déjà été invités à comparaitre à titre de renseignants, Bernard Kasusula Djuma, président de la Commission des assassinats et violations des droits de l’homme, Docteur Kabamba, médecin à l’Hôpital général de référence de Kinshasa, le commandant Mwarabu, ancien pilote à la Présidence de la république sous le régime Mobutu, le général Kanyengele, un des anciens responsables des services de sécurité et rapporteur de la sous-commission.

Si les trois premiers cités ont toujours comparu devant la HCM, en apportant les informations en leur possession, ils ont néanmoins réitéré leur disponibilité à épauler la justice militaire dans sa quête des éléments pour éclairer sa lanterne dans ce dossier. Le général Kanyengele, éprouvé dernièrement par la perte d’un membre de sa famille, a quant à lui, écrit à la haute cour militaire pour annoncer sa comparution à la prochaine audience. Elégant, le président des céans les a félicités pour leur promptitude à répondre aux invitations de sa juridiction.

Qu’il soit dit en passant que cette haute juridiction militaire ne dispose pas d’éléments suffisants sur le « Coup d’Etat monté et manqué de 1975 », contrairement au procès en révision de l’affaire Simon Kimbangu, introduit en son temps à la Haute cour militaire, et qui a bénéficié des archives venant de Bruxelles. Mais pour l’affaire sénateur Raymond Omba Pene Djunga, la haute cour militaire avait écrit à l’Assemblée nationale, au cardinal Monsengwo et à d’autres personnalités, qui toutes, ont déploré la disparition des documents.

Présentement, la HCM ne dispose que de la copie non certifiée de l’Arrêt rendu en son temps, dans l’affaire par le Conseil de guerre général.

A l’audience de vendredi, Bernard Kasusula Djuma et le sénateur Omba, assisté de ses conseils, Mes Nswal Tem a Bol et Franck Mulenda, ont comparu. Ce dernier en a profité pour solliciter l’accord de la Haute cour pour se rendre à l’étranger pour des raisons de santé. Ce qui lui a été accordé, avec le consentement de l’Office du ministère public représenté par le colonel Makutu. L’affaire a été renvoyée au 27 juillet prochain.

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