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Course à la succession de Michaëlle Jean, OIF : et si la RDC postulait ?

A l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), les candidatures sont ouvertes pour les postulants au poste de Secrétaire général. Au moment où la course à la succession de Michaëlle Jean taraude les esprits, des voix s’élèvent pour suggérer à la République démocratique du Congo de brandir sa candidature, vu les nombreux atouts que recèle ce deuxième pays francophone.

A Nouakchott, en Mauritanie, où se tient depuis le samedi 30 juin dernier le 31ème Sommet de l’Union africaine (UA), Paul Kagame, le président en exercice de cette institution, balise déjà la voie à l’élection de sa candidate, la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Mme Louise Mushikiwabo. Comme annoncé tambour battant par plusieurs médias occidentaux, il s’attèle à rallier à sa cause les voix des chefs d’Etat du continent.

Bien que cette candidature ne fasse pas l’unanimité, Paul Kagame entend peser de tout son poids et user de son influence en tant que président en exercice de l’Union africaine pour tirer la couverture de son côté. Dans ce combat plein d’enjeux, le maître de Kigali s’est trouvé un allié, et non de moindre : Emmanuel Macron.

En accueillant avec pompe son homologue rwandais à Paris le 23 mai dernier, le Président français avait défrayé la chronique en déclarant ouvertement son soutien à la candidate de Kigali. « Louise Mushikiwabo, la ministre des Affaires étrangères du Rwanda, a toutes les compétences pour exercer la fonction de Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie… Je la soutiendrai », avait promis à cette occasion Emmanuel Macron.

« Pas donc étonnant, selon un analyste de renom, qu’un tel engagement du ‘parrain de la Francophonie’ sonne comme un mot d’ordre dans les oreilles de plusieurs dirigeants du pré carré français et puisse avoir de l’influence lors de la prochaine élection du Secrétaire général de l’OIF ».

Le combat du Rwanda

Seulement voilà, le Rwanda est loin de faire l’unanimité ! Boudé depuis six mois par ses alliés traditionnels anglo-saxons, qui lui reprochent les violations des droits de l’homme, Paul Kagame tente aujourd’hui de se tourner vers la France. Visiblement en quête d’autres alliés puissants pour faire face à la fronde anglo-saxonne, qui a du mal à digérer que ce dirigeant africain se soit plu à changer sa Constitution pour briguer un troisième mandat.

A travers son joker Louise Mushikiwabo, Paul Kagame s’attend à jouer un rôle de premier plan sur l’échiquier international, particulièrement dans l’univers francophone, fort de 75 Etats disséminés à travers le monde (33 pays en Afrique, 30 en Europe, 7 en Amérique et 5 en Asie). Ce, en plus de son influence sur le continent, à travers l’Union africaine qui rassemble une cinquantaine d’Etats.

LES VALEURS DEFENDUES PAR L’OIF

Prônant les valeurs démocratiques, l’OIF s’est très souvent opposée aux dirigeants qui foulent aux pieds les principes sacro-saints de la démocratie. Jusqu’à présent en effet, la France soutenait concrètement au poste de Secrétaire général des candidatures de nature à promouvoir la démocratie.

C’est dans cette optique que s’inscrit l’accession d’Abdou Diouf à ce poste, lui qui venait de reconnaître sa défaite et d’accepter de quitter la tête de l’Etat sénégalais, après avoir été battu par son rival, Abdoulaye Wade. C’est dans la même logique que s’inscrit aussi le veto apposé à la candidature de Pierre Buyoya, accusé de crimes de guerre dans son pays, le Burundi. Ou le rejet d’Henri Lopès, le candidat du président brazzavillois Sassou-Nguesso, dont le régime était jugé trop peu démocratique.

LES ATOUTS DE LA RDC

Face à ce tableau sombre, des langues se délient pour que l’OIF soit confiée aux commandes d’Etats plus engagés dans la francophonie. Si le Canada, l’un des pays les plus influents, peut s’attendre à figurer parmi les favoris à travers la Secrétaire générale sortante Michaëlle Jean, la RDC n’en serait pas de moindre.

Logé au cœur du continent, ce géant africain a le mérite d’avoir plusieurs atouts. Deuxième pays francophone du monde de par sa superficie et sa démographie, la RDC occupe une position géostratégique. Frontière stratégique du français par rapport au Sud-Est du continent, elle se pose en limite géographique et linguistique avec l’Afrique australe et l’Afrique orientale.

Forte du nombre important de ses locuteurs francophones, le français étant la langue officiellement d’enseignement, la RDC compte aussi parmi les pays africains de l’espace francophone qui justifie des avancées démocratiques dans nombre de domaines, notamment les médias.

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