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Des années sanglantes à la détente, les dates clés de l’histoire de l’ET

Le groupe séparatiste basque ETA a officialisé sa dissolution jeudi. Créé à la fin des années 1950 pour lutter contre l’État franquiste, l’organisation aurait fait plus de 800 victimes au fil des ans. Chronologie.

Les séparatistes basques de l’ETA ont officialisé jeudi 3 mai la dissolution de leur organisation après près de 60 ans de clandestinité et 50 ans de lutte armée qui a fait plus de 800 morts.

Dans un message en date du 16 avril, révélé mercredi par le journal espagnol El Diario, le groupe séparatiste dit avoir « complètement dissous toutes ses structures ». Le Groupe international de contact (GIC) organise par ailleurs  vendredi une « rencontre internationale pour avancer dans la résolution du conflit au Pays basque » à Cambo, en France, dans les Pyrénées-Atlantiques.

1959 – 1975 : Un mouvement antifranquiste

• 1959 : Le mouvement Euskadi Ta Askatasuna (Patrie basque et liberté) est créé sous la dictature franquiste par des opposants aux conservateurs du Parti nationaliste basque. L’ETA s’engage à lutter pour l’autodétermination basque.

• 1968 : Premier assassinat planifié de l’ETA. La victime, Meliton Manzanas, dirige la police dans la ville basque de Saint-Sébastien, dans le nord de l’Espagne.

• 1973 : Le président du gouvernement Luis Carrero Blanco, successeur désigné de Franco, meurt dans une explosion au passage de sa voiture à Madrid.

• 1974 : Attentat au café « Rolando » de Madrid, 12 morts.

• 1975 : L’Espagne devient une démocratie, mais l’ETA poursuit la lutte armée.

 

1975 – 1998 : Les années sanglantes

• 1980 : 118 personnes sont tuées dans des opérations de l’ETA durant cette « année sanglante ».

• 1985 : De hauts fonctionnaires du gouvernement espagnol mettent en place des escadrons de la mort clandestins, les GAL (Groupes antiterroristes de libération).

• 1985 : Premier attentat à la voiture piégée à Madrid. Un touriste américain est tué, seize membres de la Garde civile blessés.

• 1987 : L’explosion d’une bombe dans un supermarché de Barcelone tue 21 personnes. Cet attentat est le plus meurtrier de l’histoire de l’ETA. Les séparatistes présentent leurs excuses pour cette « erreur ».

• 1995 : José Maria Aznar, alors chef du Parti populaire d’opposition (il deviendra un an plus tard président du gouvernement) est la cible d’un attentat. Le blindage de son véhicule le sauve. La même année, la police déjoue un projet d’attentat contre le roi Juan Carlos à Majorque.

• 1997 : Nouvelle tentative d’assassinat du roi Juan Carlos au musée Guggenheim de Bilbao. Un policier meurt dans la fusillade. La même année, l’ETA kidnappe et exécute Miguel Angel Blanco, membre du Parti populaire basque. Six millions de personnes manifestent en Espagne pour protester.

• 1998 : L’ETA proclame une trêve qui se terminera en décembre 1999.

 

1999 – 2011 : Difficiles négociations avec le gouvernement espagnol

• 1999 : L’ETA rencontre des représentants du gouvernement espagnol en Suisse.

• 2004 : Après l’arrestation du chef présumé du mouvement séparatiste, Mikel Albisu Iriarte, dit « Mikel Antza », le président du gouvernement socialiste José Luis Rodriguez Zapatero exhorte l’ETA à déposer les armes.

• 2005 : Le Parlement autorise le gouvernement à ouvrir des négociations avec l’ETA si ce dernier dépose les armes. Seul le Parti populaire s’y oppose.

• 2006 : L’ETA annonce un cessez-le-feu permanent à partir du 24 mars. Le 30 décembre, l’explosion d’une voiture piégée sur un parking de l’aéroport international de Madrid-Barajas tue deux Équatoriens. Zapatero annonce la rupture du processus de paix.

En 2009, des milliers de personnes avaient réclamé la dissolution de l’ETA, à Bilbao, capitale du Pays basque espagnol. © A. Arrizurieta, AFP

• 2008 : Zapatero écarte toute possibilité de pourparlers avec l’ETA, réclame une reddition sans conditions. Garikoitz Aspiazu Rubina, connu aussi sous le pseudonyme de « Txeroki » (« Cherokee ») et chef militaire présumé d’ETA, est arrêté en France.

 

2011 – 2018 : Cessez-le-feu et dissolution

• 2011 : En janvier, l’ETA annonce un cessez-le-feu permanent, général et vérifiable. Le gouvernement de Madrid le rejette, réclame que l’organisation renonce définitivement à la violence. En octobre, l’ETA annonce l' »arrêt définitif de son activité armée » et se dit prête à négocier avec la France et l’Espagne, qui exigent qu’elle dépose les armes.

• 2015 : Arrestation à Paris d’Egoitz Urrutikoetxea, l’un des principaux responsables de l’organisation.

• 2017 : Le 6 avril, le Parlement basque se prononce à une très large majorité en faveur d’une motion soutenant le désarmement des séparatistes sous les auspices d’un collectif de la société civile baptisé Artisans de la paix. Deux jours plus tard, les séparatistes font parvenir aux autorités françaises une liste de huit caches d’armes situées en France, une opération qu’ils présentent comme le symbole de leur volonté de renoncer à 40 ans de lutte armée.

• 2018 : Le 22 février, après des mois de débats internes, l’état-major de l’organisation annonce qu’il a demandé à ses membres de se prononcer sur un démantèlement complet d’ici l’été. Le 18 avril, la chaîne de télévision basque rapporte que l’ETA annoncera sa dissolution début mai. Le surlendemain, les séparatistes présentent leurs « excuses sincères » aux victimes.

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