Browse By

France: Théo Luhaka, symbole des violences policières, mis en examen dans une affaire d’escroquerie

Gravement blessé lors d’une interpellation par des policiers en 2017, Théo Luhaka, neveu du ministre des Infrastructures Travaux Public et Reconstruction « ITPR », Thomas Luhaka, a été mis en examen dans une affaire d’escroquerie. Le jeune homme serait impliqué dans une vaste fraude portant sur des centaines de milliers d’euros d’aides publiques; ce que refute son avocat.

La justice soupçonne le jeune homme d’avoir participé à une vaste fraude portant sur des centaines de milliers d’euros d’aides publiques octroyées dans le cadre du dispositif des « emplois d’avenir », mis en place sous le gouvernement Hollande.

Érigé en symbole des violences policières après avoir été grièvement blessé lors d’une interpellation à Aulnay-sous-Bois en février 2017, Théo Luhaka est désormais dans le viseur de la justice.

François Hollande, au chevet de Théo Luhaka, après son aggression par des policiers, le 7 février 2017. (© Arnaud Journois/AFP)

Le jeune homme, qui avait accusé des policiers de l’avoir violenté à l’aide d’une matraque télescopique, a été mis en examen le 31 juillet pour « abus de confiance », « faux et usage de faux » et « escroquerie en bande organisée au préjudice d’un organisme chargé d’une mission de service public », a indiqué une source proche de l’enquête au Figaro, confirmant une information de l’AFP.

La justice soupçonne l’existence d’une vaste fraude portant sur des centaines de milliers d’euros d’aides publiques octroyées dans le cadre du dispositif des « emplois d’avenir », mis en place sous le gouvernement Hollande.

Théo « pas en cause dans la gestion »

Au cœur de cette affaire, une association de médiation, « Aulnay Events », présidée par un frère aîné de Théo, Mickaël Luhaka. Ce dernier avait déjà été mis en examen en juin pour « escroquerie en bande organisée, blanchiment, faux et usage de faux, travail dissimulé ». « Des sommes d’argent ont transité sur le compte » de Théo, selon une source proche de l’enquête. Selon cette source le jeune homme aurait perçu 50.000 euros environ.

Mais, pour son avocat, Antoine Vey, Théo « n’était pas en cause dans la gestion de ces associations. C’est une mise en examen mécanique, par ricochet, du simple fait qu’il a touché des sommes », a-t-il assuré à l’AFP. Ces sommes correspondent à « un travail effectif », a-t-il précisé.

L’enquête sur les détournements avait été ouverte mi-2016, soit plusieurs mois avant l’interpellation controversée de 2017. Dans cette affaire au retentissement national, quatre policiers ont été mis en examen, dont l’un pour viol. En mai dernier, trois d’entre eux avaient été réintégrés, provoquant la colère des proches de Théo. « Comment voulez-vous qu’on respecte l’uniforme? Quel message on doit comprendre? » avait déploré sa sœur, Eleonore.

« Une volonté de nuire à son image »

Le visage de Théo Luhaka placardé sur un panneau durant une manifestation contre les violences policières. (© Arnaud Andrieu/SIPA)

Me Antoine Vey juge par ailleurs cette affaire et la mise en examen de son client comme « une volonté de nuire à son image en le présentant « comme un délinquant afin de le décrédibiliser. »

« C’est une non-affaire […] Les fautes de gestion reconnues par Mickaël n’ont rien à voir avec l’affaire dans laquelle Théo est victime. Il n’y a pas eu d’emploi fictif, mais bien un travail contre rémunération ». « Il ne faut pas perdre de vue pourquoi cette affaire est instruite et pourquoi mon client est mis en examen : cela correspond à une volonté de nuire à son image en le présentant comme un délinquant afin de le décrédibiliser », conclut Antoine Vey.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *