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La RDC adopte un accord de coopération militaire et technique avec la Russie

Une nouvelle étape dans le rapprochement entre Moscou et Kinshasa. L’accord de coopération militaire et technique entre les deux pays, qui dormait dans les tiroirs depuis 19 ans sans être appliqué, a de nouveau été adopté vendredi dernier à l’Assemblée nationale, au lendemain de la visite à Kinshasa du vice-ministre russe des Affaires étrangères Mikhaïl Bogdanov.

Cet accord prévoit la livraison par la Russie d’armements, de matériels de guerre « et autres équipements spécifiques », des « missions de conseils », ou encore la formation de spécialistes militaires dans les écoles russes. La Russie ne cache pas aussi à terme ses ambitions dans le secteur des mines, des énergies et de l’agriculture. Mais derrière, il y a aussi des enjeux politiques.

Moscou serait-elle en train de monnayer son pouvoir au sein du Conseil de sécurité de l’ONU ? Kinshasa n’est pas le seul pays d’Afrique à susciter sa convoitise ces derniers temps. On a assisté à des rapprochements avec Kigali, Bangui et Addis Abeba.

Mais le contexte kinois n’est pas anodin. L’accord de coopération adopté vendredi est remis au goût du jour à 6 mois d’une échéance présidentielle scrutée de très près, et alors que Kinshasa est sous la pression des pays occidentaux.

« Le soutien de la Russie, réputée pour faire régulièrement contrepoids au sein du Conseil de sécurité, pourrait être utile à la RDC », estime un observateur. A l’issue de sa rencontre avec le président Kabila vendredi, l’émissaire russe Mikhaïl Bogdanov a insisté sur la « convergence de vue » entre les deux pays en ce qui concerne « la sauvegarde de la souveraineté ». « Tout problème congolais doit avoir une solution congolaise », a-t-il déclaré, tout en insistant plus tard dans un communiqué sur l’importance de respecter l’échéance du 23 décembre « pour réduire les tensions ».

A l’époque de la signature de cet accord en 1999 par Kabila « père », il avait été perçu comme « un accord de défi », rappelle un conseiller, alors que le président de l’époque se sentait « lâché par ses alliés traditionnels ». En lui succédant à sa mort, son fils, l’actuel président, avait renoué avec l’Occident, et laissé cet accord en friche, jusqu’à ce jour.

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