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L’Autrichien Kurz et son allié d’extrême droite à la tête de l’UE pour 6 mois

Depuis le 1er juillet, l’Autriche est à la tête de la présidence tournante de l’Union européenne. Un moment de gloire pour son jeune dirigeant Sebastian Kurz, 31 ans, qui s’est hissé au pouvoir en s’alliant au parlement local avec le parti d’extrême droite du FPÖ.

Il était déjà le plus jeune dirigeant du monde prenant les rênes de l’Autriche à seulement 31 ans. Depuis le 1er juillet, le trentenaire prend une dimension supplémentaire avec une Autriche qui accède jusqu’au 31 décembre 2018 à la présidence tournante de l’Union européenne, dernière période complète avant les élections européennes en mai 2019. Une présidence que le jeune chancelier devrait incarner, même si le chef d’Etat de l’Autriche est officiellement son président fédéral, soutenu par les écologistes, Alexander Van der Bellen. Mais dont les pouvoirs restent limités.

Sans surprise, la question de l’immigration illégale sera au cœur de la présidence autrichienne. Les autorités du pays n’en ont pas fait mystère, ayant présenté leurs priorités lors d’une réunion du conseil des ministres autrichiens –dirigé donc par Sebastian Kurz– à la représentation permanente auprès de l’Union européenne à Bruxelles. Le chancelier a ensuite rencontré Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, pour lui faire part des options retenues où la protection des frontières est l’obsession numéro un. « Nous voulons une Europe qui protège » a d’ailleurs bien été confirmé comme le slogan de la présidence autrichienne.

Paradoxalement, ce sera Jean-Claude Juncker qui, à l’issue de la rencontre, aura la déclaration la plus frontale pour exprimer cette orientation autrichienne déclarant :« Nous devons absolument trouver des solutions sur la migration. Pour moi, la sécurité aux frontières extérieures est plus important que tout le reste ». Le chancelier autrichien, lui, se contentera de déclarations plus consensuelles où il assure que son objectif est d’« apporter notre contribution pour réduire les tensions et améliorer le sentiment d’être ensemble à travers l’Union européenne ». Ce qui n’a pas empêché le chancelier, alors que son pays n’était pas encore à la tête de l’Union européenne, de se ranger derrière l’Italie ou la France parmi les Etats qui ont refusé catégoriquement d’accueillir des « centres contrôlés » chargés d’accueillir les migrants recueillis en mer, lors du sommet européen dédié à la question le 28 et 29 juin.

Si Sebastian Kurz reste volontairement flou et jouera sans doute la carte du consensus apparent, le jeu politique intérieur autrichien ne laisse guère de doute sur son projet pour la présidence de l’Union européenne. Le trentenaire est devenu chancelier via une alliance avec le FPÖ, le parti d’extrême droite, qui a fait de l’immigration son cheval de bataille. Et qui était d’ailleurs le principal thème de la propre campagne de celui qui a ravi la place de chef du gouvernement, après être devenu ministre des Affaires étrangères à 27 ans.

Autre élément majeur du semestre à venir, le jeune chancelier est un opposant affirmé à une autre chancelière : Angela Merkel. Une opposition, sans surprise largement centrée sur l’immigration, qui remonte en 2015, quand l’Allemagne ouvrait ses portes aux migrants tandis que Sebastian Kurz, alors ministre, critiquait vertement cette décision, s’attirant les sympathies d’une classe politique allemande conservatrice se détournant de son leader pour regarder avec admiration l’ascension du jeune trentenaire chez le voisin. Depuis, la position d’Angela Merkel, bien que réélue, n’a cessé de se fragiliser tandis que Sebastian Kurz a accédé au pouvoir dans son pays. Et à la présidence de l’Europe depuis 24 heures.

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