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Les casseuses de pierres inquiètent pour leur avenir en RDC

L’industrialisation du concassage menace l’activité artisanale des casseuses de pierre de Kinshasa en RDC.

Il y a encore quelques années, les pierres destinées à la construction en République démocratique du Congo étaient essentiellement extraites de manière artisanale, le plus souvent par des femmes.

Les casseuses de pierre vendaient leur production de façon informelle pour subvenir à leurs besoins mais elles doivent désormais faire face à une concurrence mieux organisée.

La filière du concassage des pierres s’industrialise et les machines viennent de plus en plus remplacer les femmes dont le seul outil reste des marteaux rudimentaires.

Inlassablement, elles cassent la roche malgré la concurrence qui les menace.

Sous un soleil de plomb qui écrase les berges du fleuve Congo, on peut aisément les voir à côté d’immenses blocs de pierre.

“C’est un métier difficile. En ce moment, d’autres femmes comme nous, attendent que leur mari les nourrisse. Nous autres, nous devons pulvériser des pierres pour nourrir nos familles” confie Gloria, une casseuse de pierre âgée de 27 ans.

Les femmes travaillent sur les berges du fleuve en compagnie de leurs enfants.

Durant la saison des pluies, le fleuve enfle et sort de son lit, ce qui complique davantage le travail de ces femmes.

“Lorsque le fleuve est en crue, nous empruntons une pirogue pour faire la traversée. De l’autre côté, il y a des casseurs à qui nous achetons les pierres pour les revendre” explique Betty, une autre casseuse de pierre.

Dans ce contexte, le prix d’achat des blocs pierres est alors très élevé et les risques sont plus nombreux.

“Plusieurs d’entre nous ont perdu la vie lorsque les pirogues chavirent” indique Betty.

Gloria est casseuse de pierre depuis douze ans et grâce à son travail, cette mère-célibataire est arrivée à élever seule ses trois enfants.

La concurrence de industriels

Depuis quelques années, Gloria et ses collègues font face à la concurrence de l’industrie, une concurrence qui fait chuter leurs revenus. Le gain journalier de dix dollars par jour en moyenne a fondu. Pour les casseuses, les industriels sont à la base de cette situation.

“Depuis que les entreprises chinoises sont arrivées ici, nos ventes ont baissé. Un sceau de caillasse que nous vendions à 1000 francs congolais est descendu jusqu’à 500 francs. Eux ils ont des machines et proposent des camions à leurs clients”.

“Nous n’arrivons pas à suivre le rythme. Il faut que les autorités interviennent” plaide Gloria.

Les industriels et casseuses de pierre n’ont pourtant pas la même clientèle. Les carrières appartenant aux entreprises fournissent essentiellement les gros chantiers.

La filière artisanale continue donc d’approvisionner les chantiers plus modestes.

Face à la concurrence, les casseuses de pierre s’organisent en association et réclament la protection des autorités face aux entreprises souvent détenues le plus souvent par des étrangers.

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