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Luanda : Joseph Kabila et João Lourenço discutent plus de coopération que d’élections

Le processus d’organisation des élections en République démocratique du Congo (RDC), prévues pour le 23 décembre, et les relations de coopération et de voisinage avec l’Angola ont été au coeur de la rencontre de ce jeudi entre le Président Joseph Kabila et son homologue angolais João Lourenço.

Cette fois, il est bien arrivé ! Le chef de l’Etat congolais, Joseph Kabila Kabange, a débarqué ce jeudi 2 Août à Luanda où il effectuera une visite d’amitié et de travail de 24h. Dans la capitale angolaise, il a été d’abord reçu en audience officielle en début d’après-midi au palais présidentiel de Cidade Alta, par son homologue João Lourenço avec qui il s’est ensuite entretenu en privé.

La troisième tentative aura donc été la bonne puisque par deux fois, le 17 juin et le 23 juillet, cette entrevue a été annoncée avec insistance surtout côté angolais avant qu’elle ne soit « reportée » à la dernière minute sans explications.

« La visite de Joseph Kabila en Angola s’inscrit dans le cadre des relations d’amitié et de coopération existant entre les deux pays voisins et des contacts réguliers entre les deux hommes d’Etat », selon le communiqué officiel qui a été par la suite confirmé par le vice-premier ministre congolais, Léonard She Okitundu, également ministre des Affaires étrangères et de la coopération. Le chef de la diplomatie congolaise qui était présent depuis la veille à Luanda pour jouer les éclaireurs, n’a pas manqué de préciser, un détail qui compte, que c’est « sur invitation du président angolais », que Joseph Kabila effectue cette visite de travail bilatérale.

Les élections lors de l’entretien

Le processus d’organisation des élections en République démocratique du Congo (RDC), prévues pour le 23 décembre, a été l’un des thèmes clés de la rencontre de jeudi entre le président João Lourenço et son homologue Joseph Kabila.

Le chef de l’Etat angolais, João Lourenço, a communiqué cette information à la presse, après une rencontre de plus d’une heure avec le président Kabila, dans le cadre de la visite de travail de 24 heures que l’homme d’Etat congolais effectue en Angola.

« Nous constatons que le processus d’organisation des élections se déroule de manière pacifique avec toutes les mesures à prendre. Nous pouvons nous féliciter de cette information du président Joseph Kabila », a déclaré João Lourenço dans une brève déclaration aux journalistes.

Kabila salue simplement « les relations de coopération avec l’Angola »

Le Président Joseph Kabila est à Luanda pour une visite de travail bilatérale. (© Twitter/@DiplomatieRdc)

Sur les relations d’amitié et de coopération, le Président angolais a évoqué la nécessité pour le pays et la RDC de préserver les liens, de préférence dans le domaine économique.

Le président de la République, qui s’est exprimé à la fin d’une réunion avec son homologue angolais, a déclaré à Luanda que « les relations de coopération et de voisinage avec l’Angola sont excellentes et peuvent être approfondies ».

De la coopération donc au menu de la visite du chef de l’Etat congolais – qui est arrivé avec plusieurs ministres de son gouvernement pour renfoncer la coopération entre les deux pays dans divers domaines notamment l’énergie, les hydrocarbures et les transports.

Ainsi, le Président Joseph Kabila n’a, de son coté, pas fait allusion à la préparation des élections dans son pays, bien que João Lourenço, qui l’a précédé, ait salué les mesures pour mener à bien les élections dans le pays voisin prévues pour décembre.

Remerciant l’invitation pour être en Angola, il a souligné qu’il avait l’intention d’élargir les relations de coopération dans des domaines tels que le commerce et les infrastructures.

Il appelle à exploiter le potentiel des infrastructures des chemins de fer de Benguela (CFB) et du port de Lobito.

Le numéro un congolais a souligné que les questions soulevées pourraient aider à consolider de plus en plus les relations de coopération, et surtout celles liées à la sécurité à la frontière commune, au bénéfice des deux peuples.

Il a également défendu la création de facteurs clés pour tirer parti des relations communes.

Visite d’Etat sur fond de pression politique

La rencontre entre les deux hommes d’Etat survient à un moment où la pression internationale reste sur Joseph Kabila, qui a déjà accompli deux mandats à la présidence de la RD Congo, le maximum autorisé par la constitution du pays.

Par ailleurs, cette visite du chef de l’Etat, qui est également annoncé par la suite dans d’autres pays de la sous-région, est d’autant plus surprenante que ces derniers temps, ses services ont régulièrement répété aux médias que l’agenda de Kabila est trop surchargé d’ici au 8 août ;  date limite du dépôt des candidatures pour la prochaine présidentielle du 23 décembre. Ce qui se comprend bien au regard de la tension en RDC, laquelle ne cesse de s’intensifier de jour en jour surtout depuis le retour, ce mercredi 1er août de l’ancien vice-président, Jean-Pierre Bemba, et celle annoncée de Moïse Chapwe Katumbi ce vendredi. Deux des plus farouches opposants à Joseph Kabila et qui comptent bien lui succéder sur le fauteuil présidentiel à l’issue du scrutin auquel le candidat sortant n’a jusqu’à présent pas annoncé s’il participerait ou non.

Depuis un certain temps et preuve de la sensibilité et de toute l’incertitude du contexte, le président congolais s’est imposé une sorte de blocus diplomatique allant jusqu’à décliner une visite des SG de l’ONU et de l’UA, Antonio Guterres et Moussa-Faki Mahamat. Fin juillet, ils avaient bien fait part d’une visite conjointe à Kinshasa avant de se voir poliment éconduire tout comme la haute diplomate américaine Nikki Halley, elle aussi annoncée à la même période dans la capitale congolaise.

Bien qu’il ait jusque-là pu jouer avec le temps, les marges de manœuvres se réduisent de plus en plus pour le président congolais qui va devoir clarifier ses intentions d’ici une semaine.

La visite à Luanda constitue à ce titre une véritable soupape pour le président de la République d’autant qu’elle lui permettra aussi de démentir sa mise au ban diplomatique par les puissances régionales et occidentales comme le met en avant certains opposants. Ce qui n’est pas totalement faux au regard des positions affichées par la communauté internationale qui maintient la pression pour le respect du calendrier électoral.

S’il a, dans son dernier discours à la nation, martelé qu’il n’entend recevoir de leçons de démocratie de personne, avec cette sortie, le président Kabila est obligé de composer avec ses pairs notamment de la SADC qui pour l’heure jouent les médiateurs dont le Chef de l’Etat angolais, João Lourenço, est actuellement le président par intérim de l’organisation sous-régionale dont les deux pays sont membres.

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