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Moscou: les frappes sur la Syrie sont un coup porté au système du droit international

VIDÉO – Le président russe a appelé à une réunion d’urgence du Conseil de sécurité des Nations unies après les opérations menées par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Unis dans la nuit de vendredi à samedi.

De notre correspondant à Moscou

Dès le milieu de la matinée à Moscou, Vladimir Poutine a condamné les frappes occidentales sur la Syrie, les qualifiant dans un communiqué d’«un acte d’agression contre un état souverain engagé dans la lutte contre le terrorisme», «en violation des normes et des principes du droit international».

Contrairement à ce que soutiennent les Occidentaux, le chef du Kremlin a démenti tout usage de chlore ou de produits paralysants à Douma, accusant les alliés d’avoir, sans attendre, «méprisé de manière cynique» le travail des inspecteurs de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC). Ces derniers doivent se rendre en Syrie dès samedi. Les jours précédents, Moscou avait accusé les rebelles – et également la Grande Bretagne – d’avoir mis en scène l’attaque chimique à Douma.

«Par leurs actions, les États-Unis aggravent la catastrophe humanitaire, infligent des souffrances à la population civile, et de ce fait encouragent les terroristes qui tourmentent depuis sept ans le peuple syrien», a par ailleurs déclaré le président russe, accusant également Washington de «provoquer une nouvelle vague de réfugiés issus de ce pays et de la région en général». «L’escalade actuelle exerce un effet destructeur sur l’ensemble du système des relations internationales», a conclu le chef de l’État russe, annonçant la convocation d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU.

Les bases russes épargnées

Plus tôt dans la matinée, le président du Comité des Affaires étrangères du Conseil de la Fédération, Konstantin Kosatchev, avait déclaré que la réponse de la Russie «ne devra pas être militaire, mais rester dans le domaine du droit». Le même argument légal a été repris par le vice-président de l’institution, Vladimir Djabarov: «Il s’agit d’un premier pas vers une large confrontation, et rien de bon ne peut en sortir», a condamné le sénateur.

Sur le plan militaire, la Russie s’est employée à minimiser l’ampleur et l’efficacité des frappes alliées. Tôt dans la matinée, le ministère de la Défense a indiqué que plus de cent missiles avaient été lancées en Syrie mais qu’un «nombre significatif» d’entre eux avaient été interceptés: selon cette même source, la base aérienne syrienne de Doumair, à l’est de Damas, aurait intercepté la totalité des douze missiles qui la visaient.

«Les systèmes de défense anti aérien S 125, S 200, Bouk et Kvadrat ont été utilisées», a ajouté le ministère en précisant que ces derniers ont été fabriqués en Union soviétique «il y a plus de trente ans». En revanche, aucune mention n’a été faite des systèmes de défense anti-aérien contemporains S 300 et S 400, essentiellement déployés autour des installations russes. De fait, aucun des missiles alliés n’a pris pour cible les deux bases russes en Syrie de Tartous et Hmeimim, a ajouté Moscou, confirmant les déclarations alliées selon lesquelles les installations russes et leurs hommes ont été épargnés. L’ambassade russe à Damas n’a pas été visée et son personnel n’a pas été blessé, a quant à elle déclaré la représentation diplomatique dans la capitale syrienne.

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