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Paul Kagame reçu à l’Élysée pour réchauffer les relations entre la France et le Rwanda

Le président du Rwanda Paul Kagame a été reçu mercredi à l’Élysée. Alors que les liens entre Paris et Kigali restent distendus depuis le génocide rwandais, Emmanuel Macron souhaite nouer une relation « pragmatique » avec le Rwanda.

C’est une première depuis 2011. Le président rwandais Paul Kagame a effectué mercredi 23 mai une visite à l’Élysée où il a été reçu par son homologue français Emmanuel Macron. Alors que les relations entre la France et le Rwanda ont traversé des zones de turbulences ces dernières décennies, empoisonnées par la question du rôle joué par Paris lors du génocide des Tutsis en 1994, le président français a fait un pas en avant.

« Je ne suis pas naïf et sur le sujet de la relation bilatérale, nous n’allons pas régler toutes les difficultés du passé en une annonce ou en quelques signes », a déclaré le chef de l’Etat français à l’issue d’un entretien avec son homologue –
leur troisième tête-à-tête en l’espace d’un an.

« Ce qui est d’abord important, c’est qu’on construise l’avenir », a-t-il ajouté, précisant avoir convenu avec Paul Kagamé de travailler de « manière pragmatique sur les sujets d’intérêt » communs, comme le climat et l’innovation.

Un soutien pour la candidate rwandaise à la tête de la francophonie   

Alors que le mandat de l’actuelle responsable de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), la Québécoise Michaëlle Jean, expire mi-octobre, Emmanuel Macron a également annoncé apporter son soutien à la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo : « La ministre des Affaires étrangères du Rwanda a toutes les compétences pour exercer cette fonction » de secrétaire générale.

Louise Mushikiwabo, ministre des Affaires étrangères du Rwanda, accorde par ailleurs un entretien à France 24 en anglais ce mercredi à 20 heures.

Concernant la potentielle nomination d’un ambassadeur français à Kigali, un poste inoccupé depuis 2015, Emmanuel Macron se veut prudent : « Il y a eu par le passé de nombreuses tentatives de normalisation qui n’ont pas abouti, je ne souhaite pas aller vers les mêmes erreurs ou les mêmes désillusions ». « On ne va pas normaliser du jour au lendemain, donc aujourd’hui nous n’en sommes pas encore à nommer un nouvel ambassadeur », a-t-il poursuivi.

Sur le sujet sensible des archives françaises sur le génocide rwandais, « un travail de déclassification a été engagé, je ferai en sorte qu’il se poursuive ». Un groupe de chercheurs va être mis en place dans les mois à venir afin de mener un travail « apaisé et documenté » et d' »améliorer notre connaissance » sur cette période.

Une visite de deux jours

Paul Kagame est présent mercredi et jeudi à Paris pour participer au salon VivaTech, son pays d’Afrique centrale nourrissant l’ambition de devenir l’un des centres numériques du continent. Durant ce déplacement de deux jours, il a participé à l’Élysée à un déjeuner réunissant des patrons du numérique, comme Mark Zuckerberg (Facebook) et Satya Nadella (Microsoft).

Depuis le génocide rwandais en 1994, les relations sont distendues entre la France et le Rwanda. Paul Kagame, arrivé au pouvoir après le génocide, a accusé les autorités françaises d’avoir soutenu le pouvoir Hutu et d’avoir été un acteur des tueries ayant fait, selon l’ONU, quelque 800 000 morts entre avril et juillet 1994, essentiellement parmi la minorité Tutsi, mais aussi chez les Hutu modérés.

Paris a toujours démenti toute implication dans les massacres. Mais en 2010, le président Nicolas Sarkozy avait reconnu lors d’un déplacement à Kigali de « graves erreurs d’appréciation » de Paris et une « forme d’aveuglement », sans toutefois présenter d’excuses. Nicolas Sarkozy avait ensuite reçu Paul Kagame à l’Élysée en 2011.

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