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Présidentielle du 23 décembre 2018, FCC : la vérité va bientôt éclater

Les anciens opposants ayant rejoint ce Front nouvellement créé avec la MP attendraient désormais la date du 08 août prochain pour annoncer officiellement leur soutien à la candidature contestée du président sortant en violation de la Constitution et de l’Accord de la Saint Sylvestre.

A quelques jours du dépôt officiel des candidatures pour la prochaine présidentielle, la Majorité au pouvoir multiplie les  signaux d’une nouvelle candidature de Joseph Kabila la magistrature suprême ; alors qu’il a déjà épuisé ses deux mandats à la tête du pays et la Constitution en vigueur lui interdit de solliciter un troisième mandat.

Pour maquiller son plan visant à passer outre les limites de mandats prévues par la Constitution et l’Accord du 31 Décembre 2016, la majorité mécanique actuellement au pouvoir mise désormais sur le fameux « Front commun pour le Congo » (FCC) constitué d’une ribambelle de cadres politiques issus du gouvernement, des proches de l’actuel chef de l’Etat, et d’un groupe « alimentaire » d’anciens opposants.

C’est ainsi qu’on a vu tout ce beau monde se réunir le dimanche 1er Juillet 2018  dans une salle comble du Grand Hôtel de Kinshasa et y signer la fameuse charte de FCC, une sorte de MP nouvelle version mise sur pied pour le besoin de la cause.

Des sources proches de cette coalition électorale au service du président congolais laissent entendre que le Front créé le 1er juillet s’apprêterait à présenter la candidature de Joseph Kabila à la présidentielle du 23 décembre 2018 !

Comme le ridicule ne tue au sein de la classe politique congolaise, on retrouve au sein de ce Front prêt à soutenir la candidature de l’actuel chef de l’Etat quelques anciens opposants emmenés par l’actuel Premier ministre Bruno Tshibala.

St/ Rendez-vous le 08 août prochain !

Au sein du Front FCC on retrouve curieusement quelques ex-opposants qui aujourd’hui siègent au gouvernement dirigé par Bruno Tshibala. Des figures qui, dans un passé récent et du vivant du Lider maximo Etienne Tshisekedi (paix à son âme) traitaient Kabila de tous les noms et exigeaient son départ, mais qui, aujourd’hui, sont prêts à soutenir son troisième mandat ! De quoi donner au Sénégalais Abdoulaye Wade qui avait remis en cause le sérieux et la constance de la classe politique de la RDC.

Ainsi, les masques de quelques prétendus opposants ayant rejoint le regroupement FCC pour des raisons « alimentaires » pourraient tomber le 8 août 2018, lorsque la CENI devra annoncer les candidats retenus  pour l’élection présidentielle du 23 décembre. Car, le FCC devrait alors déposer la candidature de Joseph Kabila, selon ce qui se trame.

Face au tollé populaire que cette démarche pourrait susciter, la CENI n’aura d’autre choix que de s’en remettre à l’arbitrage de la Cour Constitutionnelle pour « interpréter » la loi. Et quand on sait que cette Cour vient de subie de profonds changements avec la nomination d’au-moins quatre nouveaux juges et que tous ces magistrats ont prêté serment devant Joseph Kabila le 4 juillet 2018, la suite du scenario sera facile à deviner.

Cette situation pourrait amener les Congolais dont les conditions sociales ne cessent de se détériorer à faire  le choix entre la candidature contestée du président sortant et le report des élections.
C’est dans ce décor alambiqué que le Front Commun pro-Kabila se positionne.

Et même si le chef de l’Etat sortant s’exprime peu, ses gestes en disent long sur ses intentions de vouloir s’éterniser au pouvoir. Le 30 juin, alors que les forces vives de la Nation, y compris l’église catholique, attendaient de lui une déclaration ferme sur son avenir, Joseph Kabila a préféré encore entretenir le flou.

Activation de l’article 64 de la Constitution

Pendant ce temps, du côté de l’opposition  notamment l’Ensemble, plate-forme politique qui soutient la candidature de Moise Katumbi à la présidentielle, les sociétaires continuent à observer de près les faits et gestes de Joseph Kabila et de ses proches.

Se confiant à nos confrères de Politico.cd, Jean-Bertrand Ewanga, porte-parole et secrétaire général adjoint en charge de l’implantation, mobilisation et propagande de la plateforme électorale Ensemble pour le changement s’est exprimé sur une éventuelle présentation de la candidature de l’actuel président Congolais aux prochaines élections pour le compte de la coalition Front Commun pour le Congo qui a plébiscité ce dernier comme son autorité morale.

« Nous allons nous prendre en charge par l’article 64. Vous savez déjà que l’Angola et le Rwanda avec la France et la Belgique ont déjà pris des initiatives dont nous ne connaissons pas encore l’agenda. Une candidature de Joseph Kabila provoquera l’embrasement de la sous-région », a prévenu  le président du Front Citoyen pour la République. Pour Jean-Bertrand Ewanga la position des pays limitrophes de la RDC et de l’Union Africaine est actuellement claire sur la crise électorale.

« Voilà pourquoi, même le président de la commission de l’Union Africaine a récemment déclaré que l’UA attend de la RDC l’organisation des élections », a-t-il souligné indiquant que ces scrutins doivent avoir lieu sans la candidature du président sortant. « Le président Kabila avait promis de respecter la Constitution, mais également l’Accord de la Saint Sylvestre le stipule clairement.

Nous n’avons pas les armes mais le peuple Congolais qui attend les élections, pas avec le président Kabila mais avec son dauphin », a conclu Ewanga. Comme on le voit, la RDC a un grand rendez-vous avec l’histoire le 23 décembre prochain. Et d’ici là, bien de choses pourraient encore se passer.

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