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Présidentielle : pour Moise Katumbi, le tout n’est pas de se porter candidat

« Ensemble pour le changement ! » Ainsi s’appelle la formation politique de l’opposant congolais, Moïse Katumbi, qui a été lancée le 12 mars 2018 à Johannesburg, en Afrique du Sud, et ce, après trois jours de conclave.

« Notre plateforme politique doit gagner les élections à tous les niveaux : présidentielle, législatives, provinciales et locales », a déclaré l’ex-gouverneur de l’ex-province du Katanga, avant d’ajouter ceci dans une atmosphère pour le moins houleuse : « Vous m’avez choisi pour conduire notre mouvement à la victoire électorale. J’accepte avec humilité et responsabilité. »

Vous l’aurez donc compris, Moise Katumbi n’a pas fait que lancer seulement son parti. Il a aussi été désigné candidat pour les élections générales prévues pour se tenir le 23 décembre prochain.

Soit dit en passant, le richissime homme d’affaires congolais bénéficie du soutien d’une quinzaine de partis politiques qui entendent le porter à la tête de la RDC en proie à la violence sociopolitique depuis que le président Joseph Kabila ne fait plus mystère de sa volonté de se maintenir au pouvoir. Seulement voilà ! Le tout n’est pas de se porter candidat.

L’Accord de la Saint-Sylvestre n’engage que ceux qui y croient

Car, sous le coup d’une condamnation à trois ans de prison ferme dans une affaire d’immobilier dans son pays, Moise Katumbi vit en exil depuis près de deux ans en Belgique. Quand et comment compte-t-il rentrer au pays quand on sait que les autorités ont promis de l’arrêter au bas de la passerelle dès sa descente d’avion ?

La question reste posée ; cela d’autant que Katumbi, même investi candidat de son parti, n’a pas osé lui-même avancer une date pour son retour au bercail.

Peut-être espère-t-il la mise en œuvre prochaine de l’Accord politique de la Saint-Sylvestre 2016, qui, en plus de l’élargissement de tous les détenus politiques, prévoit, entre autres, l’abandon des poursuites judiciaires à son encontre.

Mais là, ce serait faire preuve d’une grande naïveté puisque pour le pouvoir congolais, l’Accord de la Saint-Sylvestre n’engage que ceux qui y croient. A preuve, même l’église catholique qui a tout mis en œuvre pour parvenir à cet accord qui avait suscité beaucoup d’espoirs, en a pris aujourd’hui pour son grade.

En témoigne la répression sanglante dont ses manifs de rues sont l’objet et ce, depuis le 31 décembre 2017. Au moins une vingtaine de personnes ont été laissées sur le carreau, sans compter les enlèvements et les menaces de mort dont sont victimes certains prélats.

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