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Processus électoral en RDC: la Cenco préoccupée, Kabila appelle à «s’accrocher»

En République démocratique du Congo, alors que l’élection présidentielle est prévue dans moins de six mois, les évêques catholiques du pays ont fait part de leur inquiétude face au processus électoral en cours. Réuni vendredi, la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a réitéré ses craintes face au climat politique tendu et à la situation sécuritaire, tout en reconnaissant les avancées accomplies dans le calendrier électoral.

Dans cette déclaration, qui intervient à la fin de 55e assemblée générale de la Cenco, les évêques ont insisté sur le fait que Joseph Kabila ne peut pas briguer un nouveau mandat.

« Il s’en suit que tout président qui a épuisé le deuxième mandat ne peut plus en briguer un troisième, précise à RFI l’abbé Donatien Nsholé, secrétaire général de la Cenco. C’est le cas de l’actuel président de la République. »

Aucune annonce n’a été faite sur une éventuelle manifestation, mais la Cenco a demandé à la population de maintenir la pression pour obtenir des bonnes élections au 23 décembre 2018 : « Ne cédons ni à la peur, ni à la résignation, encore moins à la violence. Résistons à l’achat des consciences et aux manipulations politiciennes. »

Et pour plus de transparence du processus électoral, les évêques demandent notamment à la Commission électorale nationale indépendante (Céni) de publier au plus vite les listes provisoires des électeurs, en autres pour lever les soupçons sur les 6,7 millions d’électeurs enrôlés sans empreinte digitale.

Les évêques demandent également à la Céni d’accepter une expertise nationale et internationale sous la fiabilité de la machine à voter qui va être utilisée par l’administration électorale pour les élections de décembre.

Kabila appelle à « s’accrocher »

Le président congolais Joseph Kabila s’est lui aussi exprimé ce vendredi, dans une allocution diffusée à la télévision publique, à la veille de la célébration du 58e anniversaire de l’indépendance.

Faisant fi des critiques et des inquiétudes de l’opposition et de la société civile sur la fiabilité du fichier électoral, et le choix d’utiliser une machine à voter – un système de vote par ordinateur – le chef de l’Etat s’est félicité du processus électoral en cours.

Il a demandé à la classe politique et au peuple congolais de s’y « accrocher » : « Je vous exhorte à vous y accrocher et à démontrer s’il en était encore besoin que c’est bien vous les souverains et que c’est à vous de décider du sort et de l’avenir de notre cher et beau pays. Personne d’autre. J’invite pour se faire, toute la classe politique et toutes les forces sociales à s’impliquer sans réserve dans la matérialisation de ce rendez-vous historique en vue, une fois de plus, de consolider notre jeune démocratie, laquelle ne souffre du reste d’aucun complexe. »

Le président Kabila doit également prononcer d’ici le 19 juillet un discours à la nation devant le Congrès, soit avant l’ouverture du dépôt des candidatures pour la présidentielle. Pressé de toutes parts pour dire publiquement et clairement qu’il ne sera pas candidat en décembre prochain, le président Kabila s’est jusqu’à présent refusé à le faire, tout en répétant qu’il respecterait la Constitution qui ne lui autorise pas à briguer un troisième mandat.

Le  chef de l’Etat n’a pas évoqué la question hier, mais a plutôt dénoncé à demi-mots les pressions exercées sur lui, évoquant des « pesanteurs de tous ordres » visant, selon lui, à maintenir la République démocratique du Congo « dans l’asservissement ».

. Tout semble être mise en œuvre, en effet, pour promouvoir le révisionnisme et maintenir notre pays dans l’asservissement au mépris de l’évidence qu’implique notre indépendance.

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