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RDC : Les membres de la MP s’engagent à suivre le candidat désigné… quel qu’il soit

A la veille du dépôt des candidatures à la prochaine présidentielle, Kabila tient à verrouiller le scrutin. Tous les chefs coutumiers ont été convoqués à Kinshasa. Parmi les chefs coutumiers du Tanganyika, tous ont été appelés à l’exception des Chefs de Moba et de Kalemie qui seraient notoirement identifiés comme proches du G7. Joseph Kabila, président hors mandat, a également évité de convoquer les chefs coutumiers du Haut Katanga, réputés katumbistes.

Tout sauf Matata

Les rencontres de Kinshasa sont conduites par le conseiller spécial, Me Jean Mbuyu. Objectif : convaincre les chefs coutumiers d’adhérer au candidat de la majorité. Tout indique que le nom de ce candidat sera connu à la toute dernière minute. Lors de la dernière réunion du Comité de Stratégie de la Majorité, les penseurs ont décidé d’attendre le tout dernier jour du dépôt des candidatures, soit le 8 août prochain afin de se donner une toute dernière marge de manœuvre visant à se réserver la possibilité de déposer la candidature de Joseph Kabila.

Pour éviter tout lâchage éventuel, les sociétaires de la MP ont été contraints de signer un acte d’engagement officiel afin de confirmer leur soutien au candidat qui sera désigné. Cela quel que soit la personnalité qui sera désignée. Ils ont souscrit à cette démarche en posant une réserve sur le nom de l’ancien Premier ministre Matata Ponyo. Joseph Kabila a enregistré cette observation. Il se dit dans les salons de la MP que les artifices juridiques visant à contourner l’interdit constitutionnel d’un troisième mandat sont connus. En dépit des avertissements du Comité Laïc de Coordination, de l’Opposition et de la Communauté Internationale qui sont vent debout contre toute violation de la Constitution qui conduirait le Congo dans une spirale de violence, la MP semble toute disposée à se liguer derrière le président sortant pour tenter la passe de trois.

Face à l’opposition de la société civile et de l’Eglise, les chefs coutumiers sont donc appelés à la rescousse. Leur influence n’est plus ce qu’elle fut jadis. Le pouvoir politique a interféré dans nombre de succession qui ont abouti à des conflits de légitimité et à un affaissement de l’autorité des chefs coutumiers. Le récent cas de Kamwina Nsapu en est la parfaite illustration.

Déloger le Mwami Munongo

Bravant les risques d’un embrasement dans le Katanga, Joseph Kabila cherche aujourd’hui à remplacer le Mwami Munongo dont le péché mortel qui lui est reproché est d’avoir confirmé que tout comme lui, Moïse Katumbi est issu de la lignée royale des Bayeke. En confirmant qu’il ne pouvait trahir le sang de ses ancêtres, le Mwami Munongo se retrouve donc mis au ban du pouvoir Kabiliste qui voudrait le remplacer par le chef de terre de Manono. Cette manœuvre conduirait inévitablement à un conflit identique à celui qui a embrasé le Kasaï.

Alors que les chefs coutumiers se plaignent d’être mal logés et abandonnés à leur triste sort dans la capitale congolaise, en marge des rencontres politiques, ils se sont vus invités par madame Francine Muyumba, une des favorites de Joseph Kabila, incidemment présidente de l’Union Panafricaine de la jeunesse, qui leur a demandé de soutenir la candidature de son mentor. En réponse à la jeune égérie du régime kabiliste, les chefs coutumiers katangais ont à l’unanimité confirmé qu’ils préféraient garder le pouvoir au Katanga. A leurs yeux, Moïse Katumbi est le mieux placé parmi les enfants du Katanga.

Conscient de la difficulté pour le régime Kabila qui revendique sa filiation katangaise, Maître Mbuyu a promis aux chefs coutumiers qu’il allait voir Joseph Kabila pour la décision finale.

Dans trois semaines, le faux suspense sera levé !

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