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Sud-Kivu: au PPRD, des membres dénoncent la “Nyantenderisation” et leur exclusion dans la gestion

La situation était tendue la matinée de ce samedi 12 Mai 2018 au siège du parti du peuple pour la Reconstruction et la Démocratie, PPRD dans la ville de Bukavu.

En cause : des caciques, en majorité des anciens de ce parti du Raïs réclamaient la fin de la « Nyantenderisation» (le fait de nommer en première ligne des ressortissants de Nyantende, le village du Gouverneur actuel) et leur exclusion dans la gestion des affaires publiques en province.

Ils étaient nombreux dans la matinée politique du PPRDC en face à face entre les défenseurs de l’actuelle administration provinciale et ceux qui s’estiment lésés.

Pour eux, le gouverneur actuel ne nomme que ceux de son village d’origine et des nouveaux venus alors que ceux qui se sont battus pour le parti sont au chômage.

« Nous avons beaucoup fait pour ce parti mais à chaque fois on nous impose des personnes à la tête ou dans des institutions. Demandez dans les différents ministères combien viennent ici au parti pour demander des membres à nommer au compte du Pprd…personne. Et quand nous voulons le dire à notre PROSEC, il n’arrive même pas au siège du parti pour nous écouter » dit un membre, très en colère.

« C’est indigne de continuer à rester au PPRD. Comment les nouveaux adhérant peuvent être embauchés au détriment des anciens. Des gens qu’on n’a jamais vus dans aucune matinée politique du parti mais nous représentent dans les institutions ? Trop c’est trop, nous devons tous jouir des mêmes avantages », dit un autre qui claque d’ailleurs la porte de la rencontre.

« Nous sommes devenus -PPRD Basamir’abalya -» (littéralement danseurs de ceux qui mangent) dit une femme très remontée dans la rencontre.

Bernard Zagabe, un autre membre du PPRD présent à la rencontre s’insurge contre les agissements de certains de ses camarades du parti et parle des gens qui ne savent pas comment ça fonctionne. Il se demande si le gouverneur du Sud-Kivu est capable de donner de l’emploi à plus de 2 millions d’habitants de sa province au sein du gouvernement provincial.

« Quand on dit qu’il y a Nyantenderisation, on oublie que notre candidat a eu plus de 10.000 voix à Nyantende et c’est-à-dire que nous avons beaucoup des membres à Nyantende. C’est-à-dire que parce que le gouverneur de province est de Nyantende qu’il y n’y a pas des membres du Pprd à Nyantende ? Ce n’est pas parce quelqu’un est de Nyantende et qu’il est du Pprd qu’il n’a pas le droit d’être embauché parce que seulement le gouverneur est de Nyantende ! Là, c’est une déviation, c’est de l’indiscipline et là on ne peut pas tolérer. Si vous regardez les mandataires au cabinet du gouverneur, membres du Pprd aujourd’hui, nous en sommes à 150 et ceux qui estiment que qu’ils n’ont pas été servis….Pensez-vous que le gouverneur devrait faire un cabinet de 1 million d’habitants ou les 2 millions dans la ville de Bukavu pour satisfaire le Pprd ? », dit Bernard Zagabe, expliquant qu’en tant que parti démocratique, les membres peuvent exprimer leur ambition et leurs frustrations sans que ça ne soit une crise.

Il rappelle qu’il faut un profil donné pour que l’un ou l’autre membre accède à une fonction donnée.

« On ne se réveille pas le matin, on vient adhérer au parti et demain on a du boulot si non nous aurons faussé contre la déontologie même et la vision politique. Il y a des gens qui ont pensé que pour avoir du travail, il fallait passer par l’adhésion au Pprd et il y en a ceux qui n’ont pas su qu’il y a des profils et des préalables qu’il faut pour accéder à l’embauche ou au pouvoir ».

En attendant, la tension est perceptible dans le premier parti de la majorité au Sud-Kivu. Du moins du côté de ceux qui s’estiment lésés ou écartés par l’actuel gouverneur. Les « oubliés » ne se retrouvent pas seulement dans l’ancien camp Wazalendo. Ils sont dans les deux camps qui se sont opposés au temps de Marcellin Cishambo. Comme qui dirait que pour un intérêt commun, il faut faire lutte commune. Mais jusqu’à quand cette sorte de fronde va-t-elle duré alors que le pays se prépare à aller dans une fièvre électorale ?

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