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Elections : depuis Makala, Franck Diongo lance un appel au boycott du processus actuel

Face à un processus électoral ni crédible, ni fiable, ni inclusif, et avec la machine à voter qui s’ajoute sur la liste de facteurs de complication, c’est le décor du chaos qui est planté. Le constat est du député national Franck Diongo.

De sa cellule de prisonnier à Makala, il conseille aux uns et aux autres de ne pas souscrire à des élections prévues dans ces conditions sans qu’il ne soit introduit des facteurs correctifs du processus. Son alerte déclenchée est autant évidente : « L’élection mal organisée a une incidence négative sur la gouvernance. » Par ailleurs, prévient-il, de telle élection qui plus est avec la machine à voter « est de nature à conduire le pays vers le chaos et la liquidation soigneusement programmée ».

Imperturbable entre les quatre murs de sa cellule à la prison de Makala, Franck Diongo s’illustre encore dans un discours qui marque son engagement et son combat politique pour l’alternance en rappelant, dans cette correspondance que, selon lui, le scénario auquel on assiste aujourd’hui avec la machine à voter et notamment de cette procédure d’« exclusion d’un bon nombre de candidats emblématiques relevant des familles politiques autres que celle de Joseph Kabila et de ses lieutenants » était programmé dès le départ.

« Vous vous rappellerez que je vous avais déjà prévenu en son temps à l’occasion de négociation du 31 décembre 2016 de la CENCO, lors duquel j’avais même refusé d’y participer estimant que vos intérêts seraient aliénés, en ce que le décor était planté contre notre peuple pour un grincement de dents éventuel », déclare-t-il.

Dès lors le « 1er élu sur 1500 candidats dans la circonscription de la Lukunga » appele le peuple à se lever pour faire barrage à l’oppression qu’il subit encore. « Vous avez besoin, vous le peuple à vous lever comme un seul homme et de combattre les forces liberticides qui confisquent notre liberté et nous exposent nuits et jours à la nudité, à la faim et la soif. Votre misère ne fait pas parti de votre choix, ni votre volonté, votre humiliation et vos pleurs sont orchestrés par le pouvoir en place. Vous devez refuser et combattre cet état de chose en contraignant par des pressions de tout genre l’oppresseur à dégager ».

Le ton est donné, en marge du meeting de l’Opposition, projeté le 29 septembre prochain…

 

Ci-dessous, les grandes lignes de sa tribune :

« Très chers compatriotes, Nous totalisons aujourd’hui deux ans, jour pour jour, depuis que nos vaillants compatriotes ont perdu leurs vies en bravant la peur et en réclamant dans une marche pacifique l’organisation des élections à la fin constitutionnelle de mandat de Joseph Kabila. La présente tribune constitue pour eux une marque de reconnaissance de leur noble action.

C’est pour moi, un plaisir de vous réaffirmer que je ne suis pas seul, car je suis avec vous ; et comme vous me le dites toujours que vous êtes avec moi tout au long de mes tragédies et afflictions. Pour preuve, vous m’avez élevé au rang d’héros vivant. Ce dont je suis fier et vous en remercie…

Vous avez appris quelle a été autrefois ma conduite devant la barbarie, la corruption, les injustices du régime de 1965 de Monsieur Mobutu, lequel n’hésita un seul instant de recourir à son appareil répressif constitué essentiellement de sa propre garde pour me torturer et persécuter à cause de mon intransigeance face à son comportement anti-patrie.

Pendant tout le règne de ce denier jusqu’à son départ, j’étais toujours sur le ring avec mes gans pour barrer la route à toute personne où groupe d’individus qui s’illustraient par des actes anti-citoyens et de petites vertus ; Croyant ainsi la dictature Mobutienne définitivement terminé avec la fuite de son géniteur et maître en pensée qui me laissa en prison jusqu’à l’arrivée de l’AFDL le 17 mai 1997; soudain, surgit un autre Mobutu avec les mêmes signes cliniques que le premier annonçant l’odeur d’une dictature similaire ; Je parle de Mzee Laurent Désiré Kabila, contre qui je m’étais farouchement opposé à son système de gestion de l’État, l’estimant inadapté au vu de son caractère tyrannique, brutal et impulsif.

Pour lui avoir tenu tête, celui-ci m’arrêta et me mit dans une geôle de sa propre garde au GLM, et de l’autre côté de Limete, par ironie du sort, Étienne Tshisekedi sera renvoyé sans égard à Kabeya-Kamwanga dans son village natal. De longs moments se passèrent durant lesquels je fus exposé à des traitements inhumains ou dégradants de chosification. Il a fallu que Robertson Gareton (envoyé spécial des Nations Unies pour les droits humains) débarquasse pour dénoncer haut et fort mes souffrances pour voir Mzée se rétracter en ordonnant mon élargissement…

Après qu’il soit  arraché de la terre des hommes par le destin, Joseph Kabila à son tour, use toujours des artifices sordides contre notre peuple qu’il maltraite de manière insupportable… Je n’ai pu m’empêcher de dénoncer cette manière de gouverner pour éviter le chaos et la disparition de notre nation. Pour faire obstacle à la prise de conscience et le réveil des Congolais, les tenants du pouvoir se sont saisis de ma personne avec l’intention de me faire taire eliminer phisiquement, il suffit de voir comment j’ai été en 2006 invalidé pourtant élu 4ème sur 900 candidats dans la circonscription de la Lukunga à Kinshasa. Vous vous apercevrez  que la machine inventée pour détruire ma carrière politique était à l’œuvre, il y a belle lurette.

En 2011 élu 1er sur 1500 candidats dans la même circonscription électorale, leurs artifices et méchancetés ont été engloutis dans ma victoire écrasante, car le peuple s’est résolu de tracer les lignes rouges pour orienter son désir et confirmer sa volonté d’aller vers l’avant. C’est contre cette détermination de notre peuple que le régime au pouvoir a conçu le projet de m’ôter la vie  par des machinations et artifices coupables ; ils ont monté une scène de théâtre dans laquelle ils m’ont fait jouer le rôle d’auteur intellectuel des infractions de tortures, arrestations arbitraires et détention illégale de quelques gardes républicaines sans qu’on ait présenté un auteur matériel (ou personne) condamné ou à être condamné pour avoir exécuté mes  prétendus ordres.

En considérant ces choses de près, on s’aperçoit clairement que votre humble serviteur que je suis, est victime de la persécution, discrimination et même de la stigmatisation ; scénario maléfique démontrant à suffisance  leur acharnement contre ma modeste personne. Le régime a décidé de m’imposer comme lieu de résidence et ville d’asile, la prison centrale de Makala qui devient la douzième province de la RDC ; la province des mal aimés, laquelle devient la vingt cinquième commune de la ville province de Kinshasa,  celles des affligés.

Bien plus en détention à la Prison centrale de Makala, ordre avait été donné par le pouvoir à la Céni de ne pas me faire enrôler et identifier en vue d’obtenir ma carte d’électeur servant de carte de carte d’identité, avec le seul et unique objectif de m’empêcher d’être candidat et électeurs aux prochaines élections. Il n’est pas sans importance de rappeler que pour m’asphyxier  politiquement et moralement, le régime a, sans égard à la loi et aux conventions internationales régulièrement ratifiées par notre pays,  décidé de m’interdire les visites de mes proches et de certains de mes Avocats Conseils.

Je ne voudrais pas aller loin dans mon propos sans rappeler à votre mémoire que déjà en 2003 après avoir signé l’Accord Global et inclusif de Sun-City où il avait été décidé du partage des responsabilités entre les parties signataires ; j’y ai été écarté sans cause par la seule volonté de Kabila qui détient les raisons de cette exclusion. Je voudrais à cette occasion faire une fois de plus, un relevé d’irrégularités graves sur ce fameux acharnement auquel se livre le pouvoir contre moi.

Le 19 décembre 2016, après avoir été copieusement torturé, grièvement blessé et enlevé par la Garde Républicaine, j’ai été, de manière expéditive, jugé sans être auditionné et injustement condamné par la soi-disant Cour Suprême de Justice à cinq ans de Servitude pénale principale, sur une chaise médicale et sous perfusion, comme auteur intellectuel des infractions d’arrestation arbitre et détention illégales suivies des tortures de trois Gardes Républicaines.

À ce jour, il n’existe curieusement aucun auteur matériel (exécutant desdites infractions mises à ma charge, d’autant plus que les 15 membres de mon parti, arrêtés avec moi dans les mêmes circonstances de temps et de lieu n’ont jamais été condamnés comme auteurs matériels des infractions dont je serais, semble-t-il, auteur intellectuel.

Bien plus, il avait été révélé par les médecins de l’hôpital du camp Tshatshi (Garde Républicaine) dûment requis par le Parquet de grande Instance de Kinshasa Gombe que les trois GR n’avaient jamais subi des moindres tortures de la part de quinze co-accusés.

Il en résulte clairement que l’action en révision de ma condamnation était belle et bien justifiée par rapport aux moyens ci-après : la contradiction de deux décisions judiciaires, du reste, inconciliables ; la découverte des pièces nouvelles, ici les rapports médicaux concluant en l’absence des tortures prétendument infligées aux trois GR; les faits nouveaux (les aveux de ces derniers contenus dans les procèsverbaux d’audience devant le TGI/Gombe, la décision de l’Union Interparlementaire d’Octobre 2017 demandant à l’Etat Congolais de me libérer, car mon procès à la Cour Suprême Justice n’était ni juste, ni équitable, ni contradictoire)

En dépit de ces évidences, ma requête en révision a été mécaniquement et politiquement déclarée non fondée par ladite Cour. Vous vous souviendrez qu’à la deuxième audience de  l’ouverture de mon procès en révisIl devenait dès lors prévisible que ma condamnation irrévocable était déjà scellée d’avance. À vrai dire, je ne suis pas condamné. Au contraire, ce sont les attentes du peuple qui sont condamnées par cet instrument de l’iniquité au sommet de l’État. Raison pour laquelle je vous invite à prendre courage, car aucune forme de développement ne peut être envisageable dans notre pays sans la concorde, la stabilité politique et les respects des droits humains ; ion, M. Alexis Thambwe Mwamba, ministre de la Justice, pour influer sur la décision à intervenir, avait fait des déclarations tapageuses devant la presse en ces termes : « Franck Diongo est non libérable ; on aurait pu lui coller l’infraction d’association des malfaiteurs parce qu’en réalité ils étaient nombreux pour attaquer ces Gardes Républicaines. Si par miracle, on le libérerait aujourd’hui, quelle sera la réaction des militaires ? De ce fait, la condamnation de Diongo doit être confirmée. »

Il devenait dès lors prévisible que ma condamnation irrévocable était déjà scellée d’avance. À vrai dire, je ne suis pas condamné. Au contraire, ce sont les attentes du peuple qui sont condamnées par cet instrument de l’iniquité au sommet de l’État. Raison pour laquelle je vous invite à prendre courage, car aucune forme de développement ne peut être envisageable dans notre pays sans la concorde, la stabilité politique et les respects des droits humains ;

Pour y parvenir, vous avez besoin, vous le peuple  à vous lever comme un seul homme et de combattre les forces liberticides qui confisquent notre liberté  et nous exposent nuits et jours à la nudité, à la faim et la soif. Votre misère ne fait pas parti de votre choix, ni votre volonté, votre humiliation et vos pleurs sont orchestrés par le pouvoir en place. Vous devez refuser et combattre cet état de chose en contraignant par des pressions de tout genre  l’oppresseur à dégager. D’où la nécessité de nous souder par une solidarité altruiste pour créer par nous-mêmes un bouclier anti-dictature en usant des voies légales. Avant le 19 décembre 2016, j’avais dénoncé et prévenu  la communauté tant nationale qu’internationale qu’un projet était conçu et un complot ourdi pour me liquider physiquement. Je l’avais fait avec courage et sans panique. Vous êtes sans ignorer que la prison centrale de Makala a été cassée, occasionnant l’évasion de plus de 8000 prisonniers ; Moi, je suis resté au motif du triomphe de la justice et de la vérité.

J’ai été arrêté dans ma résidence avec plusieurs membres de mon parti, mon bureau a été bombardé, un de mes gardes du corps tué, 12 membres de mon parti ont été tués, plusieurs de mes sympathisants ont été copieusement tabassés et certains portés disparus. Votre mérite a été de dire non à toutes ces formes d’impostures politiques que vous avez bravées. Cette lutte que je pilote en votre nom ne vise que votre bonheur, votre dignité et votre grandeur.

En réponse à votre souci sur la question liée à l’organisation des élections par la Céni, il sied de vous rappeler que le processus électoral tel que conduit par cette dernière n’est ni crédible, ni fiable, ni inclusif, ni juste, encore moins sincère. Ainsi les prémisses étant terriblement fausses, la suite ne pourra qu’être regrettable. Dans la présentation du décor de ce processus électoral, je relève notamment, une exclusion d’un bon nombre des candidats emblématiques relevant des familles politiques autres que celle de Joseph Kabila et de ses lieutenants.

En outre, la fameuse machine à voter qui s’ajoute sur la liste des facteurs de complication est de nature à conduire le pays vers le chaos et la liquidation soigneusement programmée. De ce qui précède, je conseille aux uns et aux autres de ne pas souscrire à des élections prévues dans ces conditions sans qu’il ne soit introduit des facteurs correctifs pouvant rendre le processus crédible, fiable, sincère, inclusif et juste.

Vous  vous rappellerez que je vous l’avais déjà prévenu en son temps à l’occasion de négociation du 31 décembre 2016 de la CENCO, lors duquel j’avais même refusé d’y participer estimant que vos intérêts seraient aliénés, en ce que le décor était planté contre notre peuple pour un grincement de dents éventuelles. J’attire l’attention de la Céni sur ces observations et lui demande de revenir au bon sens en conformité avec l’éthique d’un service public réellement neutre et indépendant.

J’invite enfin, la classe politique de notre pays à prendre conscience que l’enjeu principal d’une élection est l’acceptation ou rejet des résultats source des contestations, conflit, et déstabilisation du pays. L’élection mal organisée a donc une incidence négative sur la gouvernance avec toutes les conséquences y afférentes. Le Congo est un don béni de Dieu, vous êtes le peuple béni, je ne trahirai ni ma conscience, ni notre lutte jusqu’à ce que vous obteniez gain de cause. Nous devons nous débarrasser de la peur et développer l’amour de sacrifice. L’oppresseur est déjà affaibli et votre détermination a crée un épouvantail dans leur camp. Seule la lutte libère. Je vous remercie.

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