URGENT 🇨🇩 AFFAIRE DES PASSEPORTS EN RDC : SEMLEX RENVOYÉE DEVANT LA JUSTICE BELGE, UN DOSSIER QUI RAVIVE LA POLÉMIQUE SUR LES 185 DOLLARS
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🇨🇩 AFFAIRE DES PASSEPORTS EN RDC : SEMLEX RENVOYÉE DEVANT LA JUSTICE BELGE, UN DOSSIER QUI RAVIVE LA POLÉMIQUE SUR LES 185 DOLLARS

Par Rédaction Jambo
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L’affaire des passeports biométriques congolais connaît un nouveau tournant judiciaire. Le 31 août 2026, la Chambre du conseil de Bruxelles a décidé de renvoyer Semlex ainsi que 13 autres personnes inculpées devant le tribunal correctionnel belge. Le dossier porte sur des faits présumés de corruption d’agents publics étrangers, de blanchiment d’argent et de fraude fiscale en lien avec le contrat des passeports biométriques de la République démocratique du Congo.

L’affaire remonte au contrat signé en juin 2015 entre l’État congolais et le consortium Semlex pour la production des passeports biométriques. À l’époque, le prix officiel du nouveau passeport avait été fixé à 185 dollars américains, un tarif qui avait suscité de nombreuses critiques en raison de son poids financier pour les citoyens congolais. Selon les documents relatifs au contrat, l’État devait initialement percevoir 65 dollars par passeport tandis que 120 dollars revenaient au consortium chargé de la production et de la gestion du dispositif.

La répartition des 185 dollars constitue l’un des principaux éléments ayant alimenté la controverse. Des enquêtes journalistiques avaient notamment fait état d’un versement de 60 dollars par passeport à LRPS Ltd, une société enregistrée aux Émirats arabes unis. Cette société avait été présentée dans certaines enquêtes comme étant liée à une proche de l’ancien président congolais Joseph Kabila. Cette affirmation fait désormais partie des éléments examinés dans une procédure judiciaire, mais elle ne doit pas être présentée comme une culpabilité définitivement établie.

À l’échelle globale, les parties civiles évoquent des malversations présumées pouvant atteindre près de 60 millions de dollars. Ce montant correspond notamment à l’estimation des sommes qui auraient transité par le mécanisme financier contesté autour du contrat. Il s’agit toutefois d’un montant allégué dans le cadre de la procédure et non d’une somme dont le détournement aurait déjà été définitivement établi par un jugement. Le procès devra précisément déterminer la réalité des faits, les responsabilités éventuelles et la destination des fonds.

Le dossier intéresse particulièrement les organisations de lutte contre la corruption et les citoyens congolais qui avaient engagé des démarches judiciaires. En 2020, plusieurs citoyens avaient notamment saisi la justice à Kinshasa contre la filiale congolaise de Semlex, l’État congolais et l’autorité chargée de la régulation des marchés publics, réclamant notamment la remise en cause du contrat et une baisse du prix du passeport. Ils dénonçaient également le coût élevé du document et demandaient davantage de transparence dans la gestion du marché.

Le dossier belge est également important parce que la justice pourrait désormais examiner le fond de l’affaire. Le renvoi devant le tribunal correctionnel ne signifie pas que les personnes concernées sont coupables. Il signifie que la juridiction compétente devra examiner les charges et les éléments du dossier lors d’un procès. Les personnes renvoyées bénéficient donc toujours de la présomption d’innocence jusqu’à une éventuelle décision définitive.

Cette affaire pose aussi la question de la gestion des marchés publics en République démocratique du Congo. Plusieurs années après la signature du contrat, les interrogations portent toujours sur les conditions dans lesquelles le marché avait été attribué, la fixation du prix du passeport, la répartition des recettes et les éventuels intermédiaires impliqués. Des organisations congolaises de recherche et de lutte contre la corruption ont déjà présenté l’affaire Semlex comme un exemple des faiblesses qui peuvent entourer certains grands contrats publics.

Le contrat avec Semlex a finalement été rompu par les autorités congolaises en 2020. À l’époque, la ministre des Affaires étrangères Marie Tumba Nzeza avait confirmé que la RDC ne comptait pas renouveler le contrat avec l’entreprise belge pour la production des passeports biométriques. Cette rupture n’a cependant pas mis fin aux interrogations judiciaires et financières autour des années précédentes.

Avec le renvoi de Semlex et des autres inculpés devant le tribunal correctionnel de Bruxelles, l’affaire des passeports entre désormais dans une nouvelle phase. Pour les citoyens congolais qui ont payé 185 dollars pour obtenir ce document, l’enjeu dépasse une simple querelle commerciale entre une entreprise et un État : il s’agit de comprendre comment les recettes générées par un document officiel ont été réparties et si des pratiques illégales ont effectivement bénéficié à certains acteurs. Le futur procès devra apporter des réponses sur ces questions, sans préjuger de la culpabilité des personnes poursuivies. 🇨🇩⚖️


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