La Belgique et le Rwanda ont décidé de rétablir leurs relations diplomatiques, rompues depuis mars 2025, dans un contexte toujours marqué par les tensions liées à la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo. L’annonce a été faite mardi 22 septembre 2026 à New York, en marge de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, par le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, et son homologue rwandais, Olivier Nduhungirehe.
Cette reprise intervient après plusieurs mois de contacts et de discussions entre les deux diplomaties. Selon la déclaration conjointe publiée par les deux pays, ces échanges ont permis d’aborder plusieurs points de divergence et d’incompréhension dans un esprit présenté comme constructif. Bruxelles et Kigali ont également remercié le Qatar pour avoir facilité une première rencontre entre les deux ministres des Affaires étrangères à Doha en juin 2025.
La rupture diplomatique remontait au 17 mars 2025, lorsque Kigali avait décidé de mettre fin à ses relations avec Bruxelles. Le Rwanda reprochait notamment à la Belgique d’avoir pris position en faveur de Kinshasa dans le conflit qui oppose les autorités congolaises aux groupes armés actifs dans l’est de la RDC. Cette décision était intervenue après l’adoption, par l’Union européenne, de sanctions visant notamment des responsables rwandais dans le contexte de l’offensive du M23.
La reprise des relations ne signifie toutefois pas la disparition des divergences entre les deux pays. Maxime Prévot a souligné que Bruxelles et Kigali avaient convenu de maintenir un dialogue régulier, y compris sur leurs désaccords persistants concernant le conflit dans l’est de la RDC. Le ministre belge a également réaffirmé que son pays continuerait à défendre l’intégrité territoriale et la souveraineté de la République démocratique du Congo.
Sur le plan diplomatique, les deux pays prévoient la réouverture prochaine de leurs ambassades respectives. Dans un premier temps, celles-ci seront dirigées par des chargés d’affaires ad interim, accompagnés de diplomates, de personnel consulaire et d’une petite équipe technique. Des procédures d’agrément d’ambassadeurs doivent ensuite être engagées afin de normaliser davantage les relations bilatérales.
Pour Kigali comme pour Bruxelles, cette nouvelle étape repose sur des principes de dialogue ouvert, de respect mutuel et de non-interférence. Les deux gouvernements reconnaissent cependant que certaines divergences internationales demeurent. La question congolaise reste ainsi l’un des principaux dossiers susceptibles de continuer à alimenter les discussions entre les deux capitales.
Pour la République démocratique du Congo, cette évolution diplomatique intervient alors que la question du rôle du Rwanda dans la crise sécuritaire de l’Est demeure au cœur des discussions régionales et internationales. La Belgique avait été particulièrement active au niveau européen dans les débats concernant les sanctions liées à la situation dans l’Est congolais. Le rétablissement du dialogue belgo-rwandais ne constitue donc pas, à lui seul, un règlement des désaccords autour du dossier congolais.
Après dix-huit mois de rupture, Bruxelles et Kigali choisissent ainsi de renouer officiellement le dialogue tout en maintenant leurs positions respectives sur les questions qui les opposent. Reste désormais à observer si cette normalisation diplomatique permettra d'ouvrir de nouveaux canaux de discussion sur la crise dans l'Est de la RDC et de contribuer aux efforts diplomatiques visant à rechercher une solution durable à l'instabilité régionale.
Réactions (0)
Laissez un commentaire
Soyez le premier à réagir à cet article.