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Éducation ou boycott politique : le dilemme des parents face aux appels des leaders à la veille de l'ENAFEP

Par Rédaction Jambo
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À l’approche des dates cruciales des 4 et 5 juin prévues pour l’Examen National de Fin d’Études Primaires (ENAFEP), le calendrier scolaire des enfants congolais se retrouve brutalement percuté par l’agenda politique du pays. Alors que le 3 juin constitue l’étape indispensable pour le retrait des macarons d’examen par les élèves, les familles se retrouvent placées au centre d’une intense guerre de mots et de stratégies de mobilisation entre figures politiques de premier plan. Un bras de fer qui pousse les parents à un arbitrage délicat entre le devoir civique de protestation et l'avenir éducatif direct de leur progéniture.

L'impulsion de cette contestation est venue du leader de l’opposition, Martin Fayulu, qui a lancé un mot d'ordre de « ville morte » généralisé. L’opposant demande instamment aux parents de garder les enfants à la maison et exhorte l'ensemble de la population à paralyser l'économie en désertant les marchés, les ateliers et les champs. Par cette action radicale, il entend structurer un front populaire de refus contre le projet de révision ou de changement de la Constitution actuellement au cœur des débats nationaux, qualifiant cette démarche de devoir de sauvegarde démocratique.

Dans une configuration plus surprenante et selon les termes du débat actuel, Augustin Kabuya, secrétaire général du parti au pouvoir (UDPS), aurait embrayé sur une démarche similaire pour la journée du 5 juin. Voir les deux camps opposés de l'échiquier politique converger, pour des raisons qui leur sont propres, vers des appels à la paralysie sociale accentue la confusion chez les observateurs et fragilise la séribilité des messages. Pour les parents d'élèves, cette coïncidence de calendriers transforme les journées de passation de l'ENAFEP en un véritable terrain de tiraillement idéologique.

Le nœud du problème réside dans le fait que l’ENAFEP représente l'aboutissement de six années d'efforts d'enseignement primaire pour des millions de jeunes Congolais. Priver un enfant de son macaron le 3 juin ou bloquer son accès au centre de passation les jours suivants équivaut à hypothéquer une année entière de sacrifices scolaires, moraux et financiers consentis par les familles. C'est pourquoi de nombreuses associations de parents d'élèves et des leaders de la société civile expriment leur profonde inquiétude face à l'instrumentalisation du calendrier éducatif à des fins de revendication politique.

Ce dilemme met en lumière une fracture récurrente dans la gestion des crises en RDC, où les populations les plus vulnérables se retrouvent souvent prises en otage par les stratégies de démonstration de force des états-majors politiques. Choisir de respecter le mot d'ordre des leaders politiques est perçu par certains comme un acte de résistance citoyenne indispensable, tandis que pour d'autres, la priorité absolue doit rester la protection des sanctuaires éducatifs, estimant que l'avenir des enfants ne devrait jamais servir de monnaie d'échange ou de moyen de pression.

En fin de compte, la formule « Chers parents, à vous le choix » résume parfaitement la lourde responsabilité qui pèse sur les chefs de famille à la veille de ces échéances. Entre l'affirmation d'une conviction politique face au destin des textes fondamentaux de la République et l'impératif d'offrir à ses enfants la chance de valider leur cycle d'études, la décision s'annonce déchirante dans de nombreux foyers. Le déroulement des journées du 3, 4 et 5 juin sera le révélateur du choix de maturité qu'aura privilégié la population face à cet appel croisé des le

aders.


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