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Santé

État de siège sanitaire en Ituri : Le nouveau gouverneur militaire muscle la riposte contre Ebola

Par Rédaction Jambo
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Face à la progression inquiétante de la 17e épidémie de la maladie à virus Ebola, la province de l’Ituri, située dans le nord-est de la République démocratique du Congo, bascule dans un régime de restrictions exceptionnelles. Le nouveau gouverneur militaire, le général Gaby Kasongo Mulumba, a signé un arrêté provincial instaurant une série de mesures barrières drastiques à exécution immédiate. Cette contre-offensive réglementaire vise à juguler les chaînes de transmission communautaires dans une région déjà durement éprouvée par des décennies de conflits armés.

Le premier volet de ce tournant sécuritaire et sanitaire s'attaque frontalement aux vecteurs les plus virulents de propagation de la maladie : les rites funéraires traditionnels. L'autorité provinciale a décrété l'interdiction stricte de manipuler ou de procéder à la toilette de tout corps sans vie avant l'arrivée et l'évaluation biologique préalable des équipes spécialisées de la riposte. Les enterrements dignes et sécurisés (EDS) redeviennent la règle absolue sur toute l'étendue de la province pour endiguer les contaminations post-mortem liées aux fluides corporels.

Parallèlement à la gestion des funérailles, le transport de masse et les infrastructures de loisirs de l'Ituri sont soumis à un encadrement rigoureux pour casser la promiscuité physique. Le gouverneur militaire a ordonné la fermeture immédiate de toutes les piscines publiques, des milieux identifiés comme propices à des contacts étroits. Dans le même élan, le secteur névralgique des moto-taxis, piliers de la mobilité urbaine à Bunia et dans les territoires périphériques, se voit imposer une limitation stricte à un seul et unique passager par course.

L'espace public et la liberté de rassemblement subissent également un tour de vis majeur destiné à prévenir les événements dits de "super-propagation" dans les espaces clos. L'arrêté provincial fixe un plafonnement rigide à un maximum de 50 personnes pour toute réunion organisée en milieu fermé. Cette restriction de jauge s'applique de manière totalement transversale et sans exception, incluant les conférences professionnelles, les rassemblements à caractère politique, ainsi que l'ensemble des cultes religieux et des célébrations dominicales.

Cette reprise en main administrative intervient dans un climat particulièrement lourd, marqué par une recrudescence des attaques violentes contre les structures de soins. Pas plus tard que le mercredi 1er juillet 2026, le centre de traitement d'Ebola de Nia-Nia a été la cible d'un assaut armé ayant coûté la vie à deux personnes, dont un policier, provoquant la fuite de plusieurs patients contaminés dans la nature. Ces incidents récurrents compliquent grandement la tâche des équipes médicales et justifient, selon l'exécutif militaire, l'adoption d'une discipline de fer.

Le défi majeur pour le général Gaby Kasongo Mulumba résidera désormais dans l'articulation entre la contrainte légale et l'adhésion indispensable des communautés locales à la riposte. Conscient que la méfiance populaire nourrit la désinformation, le nouveau chef de l'administration provinciale a immédiatement multiplié les séances de travail avec les leaders d'opinion et les professionnels des médias de Mambasa et de Mambasa. L'objectif est de s'appuyer sur la presse pour faire comprendre à la population que le virus est une réalité biologique indiscutable et non un complot politique.

Sur le plan institutionnel, cette crise sanitaire majeure constitue un test de coordination grandeur nature pour le gouvernement central de Kinshasa et ses partenaires internationaux. Une délégation ministérielle de haut niveau s'est récemment rendue à Bunia pour évaluer les besoins logistiques et sécuritaires de la province afin d'optimiser l'utilisation des fonds d'urgence. Alors que le président Félix Tshisekedi a annoncé un plan de financement global de plusieurs centaines de millions de dollars, l'Ituri doit prouver sa capacité à sanctuariser ses centres de traitement.

En conclusion, l'ordonnance de restrictions imposée ce jeudi 2 juillet 2026 en Ituri démontre que les autorités militaires considèrent désormais Ebola comme un second front de guerre, tout aussi mortel que celui des groupes armés. Le succès de ces mesures dépendra de la rigueur des contrôles routiers et de la sincérité du dialogue engagé avec les confessions religieuses pour faire respecter le seuil des 50 fidèles. Si la discipline collective l'emporte sur la résistance culturelle, l'Ituri pourra espérer stabiliser sa situation sanitaire et éviter que le virus ne s'exporte vers les provinces voisines.


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