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Économie

Fin des privilèges et des recrutements familiaux : le VPM Jean-Pierre Lihau impose le concours obligatoire dans la fonction publique en RDC

Par Rédaction Jambo
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La fonction publique de la République Démocratique du Congo s'apprête à vivre une révolution copernicienne, du moins sur le plan législatif et protocolaire. Devant les sénateurs, lors de sa prestation de serment le mardi 26 mai 2026, le Vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, a jeté un pavé dans la mare en annonçant une mesure drastique destinée à refonder l'État. « Désormais, tout recrutement dans l'Administration publique en RDC sera soumis à un concours », a martelé le patron de la territoriale. Cette déclaration solennelle résonne comme un aveu de l'échec des méthodes de recrutement antérieures et trace une ligne de démarcation claire entre l'ancienne gestion opaque de l'État et une volonté affichée de basculer vers la méritocratie, une réforme indispensable pour un pays qui aspire à l'émergence.

Cependant, au-delà des mots et de la solennité du serment, cette annonce sonne le glas — ou du moins le début d'une guerre ouverte — contre les véritables fléaux qui gangrènent l’administration congolaise depuis des décennies. Jusqu'à ce jour, l'accès à la fonction publique en RDC s'apparente trop souvent à un parcours d’obstacles où les compétences réelles sont reléguées au second plan. Le népotisme et le clientélisme y ont érigé des forteresses d'incompétence, transformant des ministères et des directions générales en de véritables propriétés familiales ou en récompenses politiques. Pour espérer décrocher un numéro de matricule, il faut trop souvent être "le fils de", "le protégé de" ou un militant zélé du parti au pouvoir, privant ainsi l'État des cerveaux les plus brillants et des technocrates les plus qualifiés dont le pays a désespérément besoin pour se reconstruire.

À ce tableau sombre s'ajoutent le tribalisme et le colinisme, deux dérives identitaires et régionales destructrices qui achèvent de paralyser l'efficacité de l'État. L’administration publique congolaise souffre d’une balkanisation invisible où certaines vagues de recrutements massifs répondent uniquement à des critères géographiques ou ethniques, au gré des origines des ministres de passage. En privilégiant les ressortissants de sa propre colline ou de sa communauté au détriment de l'intérêt national, ce système a détruit la cohésion républicaine et favorisé la médiocrité. En imposant le concours comme unique porte d'entrée, Jean-Pierre Lihau s'attaque donc à un système mafieux solidement enraciné. Le défi est immense, car pour que cette promesse ne devienne pas une énième déclaration d'intention, il faudra s'assurer que les jurys d'examen soient totalement étanches à la corruption, afin que le mérite devienne enfin la seule et unique carte d'identité du fonctionnaire congol

ais.


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