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Politique

Insultes sur TikTok : au-delà des accusations, l’urgence de reconstruire l’éducation congolaise

Par Rédaction Jambo
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La multiplication des insultes, propos injurieux et comportements controversés sur TikTok et sur d’autres réseaux sociaux suscite de plus en plus d’inquiétudes en République démocratique du Congo. Le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), Christian Bosembe, estime que ces dérives sont notamment liées à la dégradation du système éducatif congolais. Il pointe également la responsabilité du régime de l’ancien président Joseph Kabila dans l’affaiblissement de l’éducation et de l’encadrement de la jeunesse.

Cette déclaration relance un débat qui mérite d’être posé avec sérieux. Il est difficile de nier l’existence d’une crise éducative en RDC, tant les difficultés sont nombreuses : insuffisance des infrastructures scolaires, conditions de travail difficiles pour les enseignants, manque d’encadrement civique et familial, précarité sociale et exposition croissante des jeunes à des contenus parfois violents ou dégradants sur Internet.

Cependant, attribuer principalement cette dégradation à un seul régime politique paraît réducteur. Les difficultés du système éducatif congolais ne datent pas d’hier et résultent de plusieurs décennies de problèmes structurels. Plusieurs gouvernements se sont succédé et chacun porte, à des degrés différents, une part de responsabilité dans les insuffisances qui continuent d’affecter l’éducation nationale.

La question fondamentale devrait donc dépasser les querelles politiques. Face aux comportements observés sur TikTok, il faut surtout s’interroger sur la formation morale, civique et numérique des jeunes. Un jeune qui maîtrise les outils numériques sans connaître les limites liées au respect de la dignité humaine, à la responsabilité et à la liberté d’expression peut facilement transformer les réseaux sociaux en espace d’insultes, de diffamation et de confrontation permanente.

La famille et l’école ont également un rôle essentiel à jouer. L’éducation ne consiste pas uniquement à transmettre des connaissances académiques ; elle doit aussi former des citoyens responsables, capables de respecter les autres et de mesurer les conséquences de leurs actes. L’éducation aux médias et au numérique devrait ainsi occuper une place beaucoup plus importante dans le parcours scolaire des jeunes Congolais.

Le CSAC, pour sa part, doit poursuivre son travail de régulation et de sensibilisation, tout en privilégiant l’éducation et la responsabilisation. La lutte contre les dérives numériques ne peut pas se limiter aux sanctions. Elle doit également passer par des campagnes de sensibilisation destinées aux jeunes, aux parents, aux enseignants et aux créateurs de contenus afin de promouvoir une utilisation responsable des réseaux sociaux.

Il serait également dangereux de considérer toute la jeunesse congolaise à travers le prisme de quelques comportements observés sur TikTok. Des millions de jeunes utilisent aujourd’hui les technologies pour apprendre, entreprendre, communiquer, créer des emplois et faire connaître leur talent. Cette jeunesse représente une immense richesse pour le pays et mérite davantage d’accompagnement, de formation et d'opportunités.Au-delà des accusations et des responsabilités politiques, l’enjeu est donc de construire une véritable réponse nationale à la crise éducative et aux dérives numériques. La RDC a besoin d’une jeunesse instruite, disciplinée, critique et consciente de ses responsabilités. Plutôt que de transformer cette question en nouvelle bataille politique, il serait plus utile de rassembler les institutions, les familles, les enseignants, les médias et les acteurs du numérique autour d’un objectif commun : former une jeunesse congolaise capable d’utiliser les réseaux sociaux non pas pour s’insulter, mais pour apprendre, entreprendre, débattre et contribuer au développement du pays.


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