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​Le Divorce des Diarques : Bassirou Diomaye Faye Acte sa Rupture Historique avec Ousmane Sonko

Par Rédaction Jambo
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Le Sénégal bascule dans une ère de recomposition politique totale qui ébranle les fondements du pouvoir installé il y a moins de deux ans. Lors d'une audience fleuve au Palais de la République, le président Bassirou Diomaye Faye a officiellement annoncé sa volonté de créer sa propre formation politique. Devant plus de trois cents maires massivement venus des quatorze régions du pays pour le soutenir, le chef de l'État a jeté les bases d'une structure organique autonome, marquant un tournant irréversible pour le destin de la nation.

Cette annonce solennelle vient officialiser une rupture de fond, latente depuis de longs mois, entre le président et son ancien mentor, Ousmane Sonko. Le duo fusionnel qui avait conquis le cœur de la jeunesse sénégalaise sous la bannière du Pastef a fini par se briser sur l'autel des réalités du pouvoir et de la gouvernance de l'État. Ce divorce politique retentissant, qui couvait à bas bruit, prive définitivement le régime de son architecture originelle pour ouvrir une phase de confrontation directe entre les deux hommes.

L'escalade entre les deux anciens compagnons de cellule avait déjà franchi un point de non-retour au mois de mai précédent, lorsque le président Faye avait mis fin aux fonctions de Premier ministre d'Ousmane Sonko. Loin de se retirer du jeu, le leader historique du Pastef s'est immédiatement replié sur l'Assemblée nationale, dont il a pris la présidence grâce à une majorité parlementaire restée fidèle à sa ligne radicale. Depuis ce schisme au sommet, la Primature et l'Hémicycle se livraient une guerre froide par déclarations interposées.

Le timing choisi par Bassirou Diomaye Faye pour lancer son nouveau parti ne doit rien au hasard et répond à un agenda législatif particulièrement hostile. Les députés acquis à la cause d'Ousmane Sonko viennent en effet d'adopter une réforme constitutionnelle majeure aux contours très ciblés. Le texte voté par le Parlement introduit notamment une clause interdisant formellement au président de la République d'exercer les fonctions de dirigeant d'une formation politique en activité, une manœuvre perçue comme un coup de semonce direct contre l'exécutif.

Face à ce harcèlement législatif, le président de la République tente une contre-attaque d'envergure en s'appuyant directement sur la légitimité des territoires. En réunissant la grande majorité des élus locaux au sein de la coalition « Diomaye Président », le chef de l'État cherche à démontrer qu'il conserve un ancrage populaire solide, indépendant de l'appareil du Pastef. Les maires présents ont immédiatement manifesté une forte adhésion à son projet de transformation, lui offrant le bouclier politique dont il avait besoin.

Le conflit entre les deux dirigeants se cristallise désormais autour de la validation même de cette fameuse réforme constitutionnelle, qui prévoit aussi de transformer le Conseil constitutionnel en Cour constitutionnelle. Ousmane Sonko et sa majorité parlementaire exigent sa promulgation directe et immédiate par l'exécutif, estimant que la volonté des députés se suffit à elle-même. À l'inverse, le camp présidentiel refuse de céder à ce qu'il considère comme un tripatouillage institutionnel et envisage de s'en remettre à l'arbitrage du peuple.

Cette fragmentation fragilise inévitablement la mise en œuvre des réformes économiques attendues par un pays confronté à un chômage persistant chez les jeunes. En se divisant en deux factions rivales, le mouvement souverainiste qui avait promis une rupture systémique prend le risque d'engourdir l'appareil d'État au profit des querelles d'ambition. Les observateurs redoutent que cette paralysie au sommet ne profite à l'ancienne opposition, restée en embuscade face aux promesses non tenues du régime.

La création prochaine de ce parti présidentiel ouvre la voie à une confrontation électorale incertaine dans la perspective des futures échéances nationales. En s'affranchissant du Pastef, Bassirou Diomaye Faye fait le pari audacieux d'écrire son propre destin politique et de prouver qu'il est devenu un homme d'État à part entière. Le Sénégal s'apprête ainsi à vivre des mois de haute tension, où la rue et les urnes devront trancher le duel fratricide entre le président en exercice et le tribun de l'Assemblée nationale.


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