Le Zimbabwe donne une leçon à l'Afrique : à quand une véritable politique de protection des citoyens en RDC ?
Alors que de nombreux ressortissants zimbabwéens quittent l'Afrique du Sud pour regagner leur pays, le gouvernement du président Emmerson Mnangagwa a choisi de répondre par des actes plutôt que par des discours. Harare a dévoilé un ambitieux plan d'accompagnement destiné à permettre à ses citoyens de reprendre leur vie dans la dignité.
Parmi les mesures annoncées figure une exonération fiscale en faveur des rapatriés qui souhaitent investir ou créer une entreprise. Le message est clair : ceux qui reviennent ne doivent pas être considérés comme un fardeau, mais comme une richesse capable de contribuer à la relance économique du pays.
Le gouvernement zimbabwéen a également ordonné à tous les établissements scolaires et universitaires de réintégrer sans délai les jeunes revenant d'Afrique du Sud. L'objectif est d'éviter que leur parcours académique ne soit brisé par les difficultés liées à leur retour.
Les autorités ont aussi prévu des logements pour les citoyens qui rentrent sans domicile. En parallèle, un vaste programme national de réunification familiale a été lancé afin d'aider les personnes séparées de leurs proches à se retrouver. Ces mesures témoignent d'une volonté de placer l'humain au cœur de l'action publique.
Au-delà des annonces, le Zimbabwe a déjà mobilisé des moyens de transport pour rapatrier ses ressortissants, qui se sont regroupés autour de leur ambassade en attendant leur retour. Une démonstration qu'un État peut agir rapidement lorsqu'il fait de la protection de ses citoyens une priorité.
Cet exemple devrait interpeller les dirigeants de la République démocratique du Congo. Des millions de Congolais vivent à l'étranger et beaucoup sont parfois contraints de rentrer à cause des conflits, des expulsions ou des crises économiques. Pourtant, il n'existe toujours pas de véritable politique nationale de réinsertion leur garantissant un accompagnement digne.
L'interpellation vaut également pour les autres gouvernements africains. La solidarité envers les citoyens ne doit pas s'arrêter aux frontières. Chaque État devrait mettre en place des mécanismes permanents de rapatriement, d'hébergement, de réinsertion professionnelle, de soutien éducatif et d'accompagnement social afin que le retour au pays ne soit jamais synonyme d'abandon.
Le Zimbabwe rappelle aujourd'hui une vérité essentielle : la grandeur d'une nation ne se mesure pas uniquement à ses ressources naturelles ou à la puissance de son économie, mais aussi à la manière dont elle protège ses citoyens, où qu'ils se trouvent. Pour la RDC comme pour l'ensemble de l'Afrique, il est peut-être temps de transformer les promesses en actions concrètes.Cette
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