LETTRE OUVERTE DE SÉRAPHIN MONGANE A MONSIEUR LE PRÉSIDENT DE L'UNION AFRICAINE
Monsieur le Président de l’Union africaine,
La présente lettre se veut une interpellation urgente face à la montée inquiétante des actes de xénophobie visant des Africains vivant en Afrique du Sud. Ces violences, qui s’inscrivent dans un contexte de tensions régionales croissantes, mettent en péril non seulement la sécurité de milliers de citoyens africains, mais aussi les fondements mêmes de l’unité et de la solidarité continentales que notre organisation est censée incarner et défendre.
Les récentes décisions prises par certains États africains, notamment le Botswana et la Tanzanie, traduisent un climat de rupture sans précédent. Fermetures de frontières, suspension des relations commerciales, expulsions réciproques : autant de mesures qui illustrent le risque réel d’une escalade diplomatique et économique. Cette logique de réciprocité, si elle venait à s’ancrer durablement, pourrait fragmenter davantage le continent et affaiblir les dynamiques d’intégration régionale patiemment construites.
Monsieur le Président, l’Afrique ne peut se permettre de replonger dans des divisions internes alors même que ses défis communs exigent unité et coopération. Les violences xénophobes ne sont pas de simples faits divers : elles portent atteinte à la dignité humaine et nourrissent la méfiance entre peuples frères. Si elles ne sont pas contenues avec fermeté, elles risquent d’alimenter un cycle dangereux de représailles entre États et populations.
Il est également impératif de préserver l’héritage moral et historique de figures emblématiques comme Nelson Mandela, dont le combat pour la liberté, la réconciliation et le vivre-ensemble a inspiré le monde entier. L’image de l’Afrique du Sud comme terre d’accueil et symbole de résilience ne doit pas être ternie par des actes contraires à ces valeurs universelles.
Nous vous appelons, Monsieur le Président, à user de votre autorité pour engager des actions concrètes : diligenter une mission d’enquête, convoquer une session extraordinaire sur la sécurité des migrants africains, et exiger des garanties fermes de protection pour toutes les communautés étrangères vivant en Afrique du Sud. Il en va de la crédibilité de l’Union africaine en tant qu’institution garante de la paix et de la cohésion continentale.
Enfin, au-delà des réponses institutionnelles, il est urgent de réaffirmer le principe fondamental du vivre-ensemble africain. Nos frontières ne doivent jamais devenir des lignes de fracture identitaire. L’Afrique doit rester une maison commune où chaque citoyen, quelle que soit son origine, peut vivre en sécurité et dans la dignité. Faute de quoi, les conséquences de la réciprocité pourraient entraîner une désintégration progressive de l’esprit panafricain.
Veuillez agréer, Monsieur le Président de l’Union africaine, l’expression de ma très haute considération.
Nshakali Mongane Séraphin ✍️
seraphinmongane25@gmail.com
Réactions (3)
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Je suis tellement désolé, je manque les mots
Ce qui se passe en Afrique du Sud vraiment, ça me laisse sans voix ! On peut comprendre la réaction du peuple Sud Africain due à la frustration des inégalités (surtout économiques) et injustices dont il subit depuis la fin de l'apartheid. Mais cela n'explique en rien le silence des autorités Sud africaines, et surtout celui de toutes les organisations humanitaires non seulement africaines. l'Afrique du Sud doit être punis sévèrement. Et je salue la décision de la Tanzanie. Tout le monde doit faire comme la Tanzanie. Comme ils ne veulent plus les africains chez-eux, eux aussi ne doivent plus être le bienvenu n'importe où en Afrique.
Ce qui se passe en Afrique du Sud vraiment, ça me laisse sans voix ! On peut comprendre la réaction du peuple Sud Africain due à la frustration des inégalités (surtout économiques) et injustices dont il subit depuis la fin de l'apartheid. Mais cela n'explique en rien le silence des autorités Sud africaines, et surtout celui de toutes les organisations humanitaires non seulement africaines. l'Afrique du Sud doit être punis sévèrement. Et je salue la décision de la Tanzanie. Tout le monde doit faire comme la Tanzanie. Comme ils ne veulent plus les africains chez-eux, eux aussi ne doivent plus être le bienvenu n'importe où en Afrique.