Le feuilleton de l'ingérence des groupes armés dans les institutions académiques de l'Est de la République Démocratique du Congo vient de franchir un nouveau cap politique et administratif majeur. L’Alliance Fleuve Congo (AFC) et le mouvement rebelle M23 ont acté leur mainmise sur la gestion de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU) en procédant à la nomination du professeur Zambeze Kakoma Sakatolo Jean-Baptiste au poste de nouveau recteur de l’Université de Goma (UNIGOM). Cette désignation unilatérale consacre l'éviction officielle et définitive du professeur Muhindo Mughanda, qui se trouvait déjà dans le collimateur de la rébellion et dont le sort administratif était suspendu au cœur des tensions sécuritaires qui asphyxient la province du Nord-Kivu.
Cette mise à l'écart forcée intervient alors que le désormais ex-recteur, nommé initialement de manière tout à fait légitime par le ministère national de l’ESU à Kinshasa, avait déjà été contraint de fuir la région. Le professeur Muhindo Mughanda vivait en effet en exil depuis plusieurs mois après avoir précipitamment quitté la ville de Goma. Des sources proches du dossier révèlent que l'intellectuel faisait l'objet de menaces de mort persistantes et de pressions étouffantes, exacerbées par des rivalités intenses autour du contrôle stratégique et de la gouvernance financière de cette prestigieuse institution publique. Son départ forcé vers l'exil a ainsi laissé le champ libre aux forces rebelles pour installer une direction parallèle à leur solde.
Le départ du professeur Muhindo Mughanda laisse un goût amer au sein de la communauté scientifique et de la société civile du Nord-Kivu, qui déplorent la politisation par les armes d'un sanctuaire du savoir. Durant ses cinq années de mandat à la tête de l’UNIGOM, plusieurs observateurs indépendants et acteurs académiques s'accordent à saluer un bilan largement positif, marqué par de profonds efforts de modernisation. Sous son impulsion, l'université avait entamé une véritable métamorphose grâce à la construction de nouvelles infrastructures modernes, à l'équipement technologique de pointe des laboratoires de recherche ainsi qu'à un vaste programme de formation des formateurs. Un travail de fond qui avait permis de redorer l'image de marque de cet établissement public, aujourd'hui plongé dans l'incertitude sous la férule de l'administration rebe
lle.
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