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Polémique Romelu Lukaku : entre démentis, mémoire du football et ambitions futures à la FECOFA

Par Rédaction Jambo
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Le football congolais est de nouveau secoué par un débat passionné mêlant identité, choix de carrière et archives historiques. La récente déclaration de l'international belge Romelu Lukaku, affirmant n'avoir jamais été formellement convoqué par la République Démocratique du Congo au cours de sa jeunesse, a mis le feu aux poudres au sein de l'opinion publique et de la communauté sportive congolaise. Pour de nombreux supporters et analystes, cette sortie médiatique passe mal et est perçue comme une tentative de réécrire l'histoire. Face au meilleur buteur de l'histoire des Diables Rouges, les observateurs n'ont pas tardé à exhumer les archives et les déclarations passées de sa propre famille pour contester cette version des faits.

Les faits remontent à 2009, lors de l'éclosion phénoménale du jeune attaquant alors qu'il faisait trembler les filets sous les couleurs du RSC Anderlecht en Belgique. À cette époque, la Fédération Congolaise de Football Association (FECOFA) avait entrepris des démarches pour approcher l'entourage du joueur, et plus particulièrement son père, Roger Lukaku, lui-même ancien international zaïrois. La réponse du patriarche avait été sans équivoque et particulièrement tranchante, refusant délibérément que son fils mineur ne revête le maillot des Léopards. « Mon fils ne jouera pas pour eux, c'est un pays sans avenir », avait alors lâché Roger Lukaku, scellant ainsi prématurément le destin international de Romelu, qui honorera sa première sélection avec la Belgique à seulement 16 ans.

Cette posture familiale inflexible s'est d'ailleurs répétée quelques années plus tard pour le jeune frère, Jordan Lukaku. En 2013, alors que la possibilité de voir le cadet de la fratrie rejoindre les Léopards était de nouveau évoquée, Roger Lukaku était une nouvelle fois monté au créneau pour opposer un veto catégorique. Avec la même virulence, il avait déclaré qu'une telle option était « inimaginable et hors de question », fustigeant au passage le manque d'organisation structurelle des sélections de cette partie du continent africain. Ces déclarations successives, gravées dans la mémoire collective des sportifs congolais, contredisent aujourd'hui la thèse d'une absence totale d'intérêt ou d'approche de la part des instances de la RDC.

Pour le public congolais, l'attitude actuelle de Romelu Lukaku, qui tente de lisser le passé en minimisant ces épisodes, s'apparente à une forme d'opportunisme flagrante qui rappelle d'autres trajectoires de binationaux, à l'instar d'Aziz Makukula en son temps. Alors que sa carrière sur les terrains européens et en sélection belge entre dans sa phase crépusculaire à 33 ans, beaucoup y voient les prémices d'un positionnement stratégique pour son après-carrière. Conscient que l'accès aux instances dirigeantes de la fédération belge lui sera hautement concurrentiel, l'attaquant de Naples semble poser ses pions pour un futur rôle politique ou technique au sein du football congolais, un terrain où son nom et son aura internationale restent des atouts majeurs.

Cette amnésie sélective reprochée à la star belge suscite d'autant plus d'amertume que Romelu Lukaku a, à plusieurs reprises, manifesté publiquement son attachement viscéral à ses racines congolaises. Qu'il s'agisse de sa maîtrise parfaite du lingala, de ses célébrations engagées pour dénoncer les violences et le génocide dans l'est de la RDC, ou encore des investissements de son défunt père à Kinshasa à travers le club de Rojolu, les liens avec la patrie d'origine sont indéniables. Cependant, ce grand écart permanent entre un engagement patriotique de façade et des choix de carrière dictés par le pragmatisme européen nourrit un sentiment de trahison chez les supporters des Léopards, qui n'acceptent pas que l'on travestisse la vérité historique.

En définitive, cette polémique met en lumière la relation complexe et parfois conflictuelle qui lie la diaspora sportive à ses fédérations d'origine. Si le talent de Romelu Lukaku reste incontestable sur la scène mondiale, sa tentative de réécriture des contacts de 2009 se heurte à la réalité d'une époque où chaque déclaration laisse des traces indélébiles. Alors que la FECOFA aspire à une profonde restructuration de sa gouvernance, les ambitions futures de l'attaquant belge en République Démocratique du Congo devront d'abord passer par une clarification sincère avec un public congolais qui a la mémoire longue et exige, avant tout, de la transparence de la part de ses

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