Kalev Mutond, ancien administrateur général de l’Agence nationale de renseignements (ANR), est décédé ce lundi 5 octobre 2026 à Paris, en France, à l’âge de 69 ans. L’ancien puissant responsable des services de renseignement congolais serait décédé des suites d’une maladie, selon des sources proches de sa famille. Sa disparition marque la fin du parcours d’une personnalité qui aura profondément marqué l’histoire politique et sécuritaire récente de la République démocratique du Congo.
Figure importante de l’appareil sécuritaire congolais, Kalev Mutond avait commencé à s’imposer dans les services de renseignement plusieurs années avant son accession à la tête de l’ANR. Il avait notamment dirigé la sécurité intérieure de l’agence à partir de 2007, avant d’être nommé administrateur général en 2011. À ce poste, il était devenu l’un des hommes les plus influents du régime de l’ancien président Joseph Kabila.
Proche de Joseph Kabila, Kalev Mutond a dirigé l’ANR durant une période particulièrement mouvementée de l’histoire politique congolaise. Son mandat a notamment couvert les années de fortes tensions politiques ayant précédé l’alternance de 2018-2019. Dans les cercles du pouvoir, son nom était associé à un appareil de renseignement considéré comme particulièrement puissant et présent dans les affaires politiques et sécuritaires du pays.
Mais son parcours reste également marqué par de nombreuses controverses. Des organisations de défense des droits humains et plusieurs acteurs politiques l’avaient accusé d’être impliqué dans des arrestations arbitraires, des détentions et des actes de répression contre des opposants au régime de Joseph Kabila. Ces accusations ont durablement marqué l’image de l’ancien patron de l’ANR, même si celles-ci ont toujours fait l’objet de débats et de contestations.
En 2017, les États-Unis avaient annoncé des sanctions contre Kalev Mutond, l’accusant notamment d’être impliqué dans des violations des droits humains et dans des actes liés à la répression politique en RDC. Ces mesures avaient contribué à renforcer l’attention internationale autour de sa personne et de son rôle au sein de l’appareil sécuritaire congolais.
Après l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi en janvier 2019 et le départ de Joseph Kabila de la présidence, Kalev Mutond s’était progressivement retiré de la scène publique. Son nom était toutefois réapparu dans l’actualité judiciaire congolaise, notamment dans le cadre de procédures et d’un avis de recherche. Il s’était ensuite fait beaucoup plus discret, vivant en grande partie loin de la vie politique congolaise.
Sa disparition à Paris intervient ainsi après plusieurs années de retrait de la vie publique. Pour certains, Kalev Mutond restera comme l’un des principaux architectes de l’appareil sécuritaire de l’ère Kabila ; pour d’autres, son nom restera associé aux dérives et aux accusations de violations des droits humains qui ont marqué cette période. Son parcours continuera donc probablement à susciter des analyses et des débats sur l’histoire politique récente de la RDC.
Avec la mort de Kalev Mutond, c’est une personnalité aussi influente que controversée de la République démocratique du Congo qui disparaît. Son passage à la tête de l’ANR aura laissé une empreinte importante dans l’histoire des services de renseignement congolais et dans la mémoire politique du pays. Paix à son âme et condoléances à sa famille ainsi qu’à ses proches.
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