Le report de la marche prévue le 22 juillet continue de provoquer des réactions au sein de la coalition de l'opposition C64. Alors que les dirigeants de la plateforme ont décidé de suspendre cette mobilisation, Mike Mukebayi affiche publiquement son désaccord et exprime sa profonde déception.
Interrogé sur cette décision, Mike Mukebayi a affirmé qu'il ne partageait pas la position de certains responsables de la coalition, notamment celle de Moïse Katumbi et d'autres leaders. Selon lui, une dynamique politique ne doit pas être interrompue lorsqu'elle bénéficie d'un soutien populaire.
« Je ne suis d'accord ni avec Katumbi ni avec les autres. Quand on dispose d'un capital politique, il faut le préserver. Nous avons commencé ce combat avec le sit-in, puis la marche. Nous avons négocié ce capital à Bujumbura. Ce qui s'est passé aujourd'hui n'est pas un report, mais une annulation. C'est une démobilisation », a-t-il déclaré.
Pour Mike Mukebayi, la suspension de cette manifestation risque de briser l'élan créé par les précédentes actions de la coalition. Il estime que le maintien de la pression populaire constituait un élément essentiel de la stratégie politique de l'opposition.
À l'origine, la marche du 22 juillet devait s'inscrire dans le cadre des actions visant à défendre le respect de la Constitution et à s'opposer au projet de révision constitutionnelle porté par la majorité au pouvoir.
Cependant, la coalition C64 a finalement choisi une autre approche en accordant au président de la République un ultimatum jusqu'au 15 août afin de convoquer un dialogue national inclusif. Cette décision marque un changement de stratégie privilégiant la voie du dialogue.
Ce revirement suscite toutefois des interrogations, y compris au sein de l'opposition. Certains observateurs y voient une volonté d'éviter une escalade politique, tandis que d'autres, à l'image de Mike Mukebayi, craignent une perte de mobilisation et d'influence.
Les prochaines semaines permettront de mesurer les conséquences de cette divergence de vues au sein de la C64 et de voir si le dialogue réclamé sera effectivement engagé avant l'expiration de l'ultimatum fixé au 15 août.
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