L'ancien directeur de cabinet de Joseph Kabila, Néhémie Mwilanya, a livré une lecture critique du bilan de l'ancien président de la République lors de son passage dans l'émission télévisée Decrypta. Il y est revenu sur ce qu'il considère comme les deux principales erreurs de l'ancien chef de l'État.
Selon Néhémie Mwilanya, la première erreur de Joseph Kabila a été de croire que les profondes réformes institutionnelles engagées après la transition avaient suffi à transformer les mentalités des Congolais.
« Le président Joseph Kabila a commis deux erreurs. La première erreur a été de croire qu'en changeant les emblèmes et le nom du pays, les Zaïrois d'hier étaient subitement devenus des Congolais. Il pensait que toute une mentalité avait changé grâce à ses accomplissements : la réunification du pays, la relance du processus démocratique, la restitution de la parole aux citoyens et le lancement de la reconstruction. Mais tout cela n'a pas modifié la mentalité de notre peuple, et particulièrement celle de la classe politique », a-t-il déclaré.
Pour l'ancien directeur de cabinet, les avancées institutionnelles et politiques réalisées sous Joseph Kabila n'ont pas été accompagnées d'une évolution suffisante des comportements politiques, ce qui expliquerait certaines difficultés rencontrées par le pays au fil des années.
Néhémie Mwilanya estime également que la deuxième erreur de l'ancien président a été d'avoir privilégié la cohésion nationale plutôt qu'une politique de sanctions plus rigoureuse envers certains acteurs.
« La seconde erreur, bien qu'elle fût inévitable, a été de privilégier la cohésion nationale et l'héritage de nos pères fondateurs au détriment de la sanction. Une partie de l'opinion a ainsi estimé qu'il n'avait pas suffisamment sanctionné. Mais entre deux maux, il fallait choisir le moindre : il a fait le choix de préserver l'unité pour sauvegarder cet héritage », a-t-il affirmé.
Ces déclarations interviennent dans un contexte marqué par la crise politique et sécuritaire que traverse la République démocratique du Congo, notamment dans l'Est du pays, où la résurgence du M23 continue d'alimenter les débats sur les choix politiques et sécuritaires des différents régimes qui se sont succédé.
Les propos de Néhémie Mwilanya devraient alimenter les discussions sur l'héritage politique de Joseph Kabila, entre ceux qui mettent en avant les réalisations de son mandat et ceux qui estiment que plusieurs défis majeurs sont restés sans réponse.
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