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Religion et spiritualité

RDC : Quand la foi s’égare dans le débat constitutionnel

Par Rédaction Jambo
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RDC : Quand la foi s’égare dans le débat constitutionnel

Le débat sur une éventuelle révision de la Constitution en République démocratique du Congo prend une tournure de plus en plus polémique, notamment avec l’irruption de certaines figures religieuses dans l’arène politique. Les propos du constitutionnaliste Laurent Onyemba ont jeté un pavé dans la mare : selon lui, certains pasteurs engagés en faveur du changement constitutionnel seraient tout simplement incapables de lire ou d’écrire. Une déclaration choc qui met en lumière une réalité inquiétante : la manipulation de la foi à des fins politiques.

Au-delà de la provocation, cette sortie soulève une question fondamentale : comment des leaders religieux, parfois dépourvus de formation intellectuelle solide, peuvent-ils prétendre orienter leurs fidèles sur des enjeux aussi complexes que le droit constitutionnel ? La Constitution n’est pas un texte mystique, mais un socle juridique exigeant rigueur, compréhension et responsabilité. En s’aventurant sur ce terrain sans compétence, ces pasteurs contribuent à brouiller le débat public et à désinformer les citoyens.

Plus grave encore, ces critiques ravivent les accusations récurrentes de dérives financières dans certaines églises dites de réveil. Le terme de « raquette des adeptes », évoqué avec ironie par Onyemba, traduit un malaise profond : celui d’une foi exploitée comme un fonds de commerce. Dans ce contexte, le soutien affiché à une révision constitutionnelle apparaît moins comme une conviction idéologique que comme un alignement opportuniste sur le pouvoir, au détriment de l’éthique religieuse.

L’instrumentalisation de la religion par le politique n’est pas un phénomène חדש, mais elle atteint ici un seuil préoccupant. En mobilisant des pasteurs pour légitimer un projet controversé, le pouvoir semble chercher à capter l’influence spirituelle pour peser sur l’opinion publique. Une stratégie risquée dans un pays où la religion occupe une place centrale dans la vie sociale, mais où la conscience citoyenne devient de plus en plus vigilante.

Face à cette situation, le rôle de Église catholique est particulièrement attendu. Historiquement engagée dans les combats démocratiques et la défense des droits fondamentaux, elle pourrait incarner une voix de modération et de rigueur dans ce débat. Va-t-elle s’opposer frontalement à ces dérives ou choisir une posture plus diplomatique ? Son positionnement pourrait peser lourd dans l’équilibre des forces.

En définitive, cette controverse révèle une crise plus large : celle de la crédibilité des acteurs religieux dans l’espace public. Lorsque la foi devient un instrument de propagande, elle perd sa dimension spirituelle pour se muer en outil de manipulation. Dans une Kinshasa en pleine effervescence politique, il devient urgent de rappeler que la responsabilité morale ne saurait être dissociée de la compétence et de l’intégrité.

Lecture de Séraphin Mongane ✍️ 


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