Sahel : l’appel à l’unité d’Assimi Goïta relance l’idéal panafricain
La déclaration d’Assimi Goïta, affirmant qu’il n’existe plus de Maliens, de Burkinabè ou de Nigériens mais un seul peuple uni, s’inscrit dans une dynamique nouvelle au cœur du Sahel. Entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger, la coopération militaire s’intensifie face aux menaces sécuritaires communes. Les interventions croisées des forces aériennes illustrent une rupture avec les logiques traditionnelles de souveraineté stricte, ouvrant la voie à une solidarité opérationnelle sans précédent.
Ce rapprochement s’inscrit dans la philosophie du panafricanisme, qui prône l’unité politique, économique et sécuritaire des peuples africains. Longtemps défendue par des figures historiques comme Kwame Nkrumah, cette vision trouve aujourd’hui une nouvelle expression dans un contexte de crise. Face à des adversaires transnationaux, les États du Sahel semblent redécouvrir que leurs divisions constituent une faiblesse, tandis que leur union peut devenir une force stratégique.
Au-delà du cadre militaire, cette dynamique porte un message politique fort : celui de dépasser les frontières héritées de la colonisation pour construire un destin commun. L’idée d’un espace sans barrières, où la solidarité prime sur les identités nationales, traduit une volonté de refonder les relations entre États africains. Elle répond aussi à une aspiration populaire grandissante, notamment chez les jeunes, en quête d’indépendance réelle et de souveraineté collective.
Cependant, pour que cet élan devienne durable, il devra s’élargir à d’autres domaines comme l’économie, l’éducation et les infrastructures. L’unité ne peut se limiter à la sécurité ; elle doit se traduire par des politiques concrètes améliorant les conditions de vie des populations. Si cette vision se consolide, elle pourrait marquer une étape décisive vers une Afrique plus intégrée, capable de parler d’une seule voix sur la scène internationale.
Lecture de Séraphin Mongane ✍️ 🐓
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