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Économie

Tempête sur l'Or Noir à Uvira : Les Exploitants Se Rebellent Contre le Présidium du Club des Pétroliers

Par Rédaction Jambo
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Le secteur stratégique de la distribution des produits pétroliers traverse une zone de fortes turbulences dans la deuxième ville de la province du Sud-Kivu. Une profonde crise de gouvernance vient d'éclater au grand jour au sein du Club des pétroliers d’Uvira, une structure clé pour l'économie locale. Dans une démarche officielle particulièrement offensive, plusieurs exploitants majeurs de stations-service ont décidé de rompre les rangs en annonçant un retrait de confiance collectif à l'égard de leur comité directeur actuel.

La contestation s'est matérialisée par une lettre de griefs officielle adressée directement au gouverneur de province, Jean-Jacques Purusi Sadiki, pour solliciter son arbitrage. Datée initialement du 25 juin 2026, cette correspondance a été formellement déposée et enregistrée auprès des services du gouvernorat à Bukavu ainsi qu’à la mairie d’Uvira ce vendredi 10 juillet. Portant l’intitulé explicite « Indignation et retrait de confiance », le document acte la rupture de ban entre la base des opérateurs et le sommet de la corporation.

> « Nous saisissons votre autorité afin de vous signifier notre indignation et notre retrait de confiance vis-à-vis du présidium du Club des pétroliers d'Uvira. »

> — Extrait de la correspondance des pétroliers d'Uvira

Le réquisitoire dressé par les frondeurs contre les dirigeants actuels de la structure est particulièrement sévère. Le présidium est ouvertement accusé de mauvaise gestion, de déficit criant de leadership et d’avoir entretenu un climat de division interne délétère. Selon les pétitionnaires, cette léthargie au sommet a grandement affaibli la capacité de négociation du Club face aux partenaires institutionnels, compromettant notamment le suivi d’un protocole d’accord crucial signé de longue date avec l’exécutif provincial. Ce compromis prévoyait que la corporation participe activement au financement ou à la réhabilitation des infrastructures routières de la ville, aujourd'hui au point mort.

Au-delà de la paralysie des projets de développement public, les signataires dénoncent une démoralisation générale des troupes et une fuite des responsabilités. Plusieurs membres influents du comité directeur auraient déjà claqué la porte ces derniers mois sans être remplacés, accélérant le délitement administratif de l’organisation. Ce climat d'incertitude fait peser un risque direct sur la stabilité des prix à la pompe et sur la régularité de l'approvisionnement en carburant dans cette région frontalière du Burundi.

La légitimité de cette démarche de contestation s'appuie sur un front commun d'opérateurs économiques d'envergure. Au total, 16 exploitants de stations-service implantées à Uvira ont apposé leurs signatures au bas de la pétition. Parmi ce collectif, on retrouve des enseignes majeures et incontournables du paysage économique local telles que Rwikobe, Neema, Rayyan, Albayube, ABV, La Victoire, Faharab, Afrilom, Vunja Family, Emmanuel Oil, GECA et QBP. Un bloc uni qui rend la position du présidium d'autant plus inconfortable.

Soucieux de sanctuariser leur démarche sur le plan institutionnel, les pétitionnaires ont également fait tenir des copies de leur plainte pour information au ministre provincial des Hydrocarbures, au maire de la ville d’Uvira, ainsi qu’au président territorial de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC/Uvira). L'objectif est clair : paralyser l'action du comité directeur actuel et forcer la tenue d'une assemblée générale extraordinaire pour élire une nouvelle équipe plus dynamique.

Face à cette offensive juridique et médiatique, le présidium du Club des pétroliers d'Uvira s'est muré pour l'instant dans un silence prudent, n'ayant émis aucune réaction officielle aux allégations formulées contre lui. L'évolution de ce bras de fer dépendra en grande partie de la posture qu'adoptera l'autorité provinciale dans les prochains jours. Une intervention rapide du gouverneur est attendue par les opérateurs économiques pour éviter que cette crise de gouvernance ne se transforme en un conflit social susceptible de paralyser les transports et l'économie d'Uvira.


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