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Crise humanitaire à Abidjan : Le Ghana rapatrie d’urgence ses ressortissants chassés de Port-Bouët

Par Rédaction Jambo
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L’onde de choc de la politique de déguerpissement menée par le District autonome d’Abidjan vient de franchir les frontières ivoiriennes pour se muer en une crise diplomatique et humanitaire majeure. Face à la détresse de ses compatriotes touchés par les démolitions massives dans la commune de Port-Bouët, le gouvernement du Ghana a pris ses responsabilités. Accra a officiellement déclenché le rapatriement d'urgence de 327 de ses ressortissants, brutalement plongés dans la précarité.

Le cœur du drame s’est noué dans le quartier précaire « Zimbabwé », situé dans la zone de Vridi 3, un sous-quartier historique de pêcheurs et de travailleurs majoritairement ghanéens. En l'espace de quelques heures, les engins de démolition ont réduit en miettes des décennies de vie communautaire. Le ministère ghanéen des Affaires étrangères, sous la direction de Samuel Okudzeto Ablakwa, a dressé un bilan alarmant : ces familles se sont retrouvées du jour au lendemain sans toit, sans ressources économiques et dans l'incapacité totale de se reloger en Côte d'Ivoire.

Face à cette urgence absolue, les autorités ghanéennes ont déployé une logistique d'envergure pour organiser un véritable pont terrestre entre Abidjan et Accra. Des bus de transport et des camions de déménagement ont été affrétés gratuitement pour évacuer les sinistrés et leurs effets personnels. Le plan de rapatriement s'est orchestré en deux vagues successives : un premier contingent de 228 personnes a regagné la terre natale ce jeudi 11 juin, tandis que les 99 derniers rapatriés ont pris la route ce vendredi 12 juin 2026.

Malgré le traumatisme légitime de ce déracinement forcé, la diplomatie n’a pas rompu le fil du dialogue entre les deux géants d'Afrique de l'Ouest. Le communiqué d'Accra souligne que la Côte d'Ivoire a manifesté sa volonté d'indemniser les populations impactées par ces destructions. Loin de s'engager dans une rhétorique conflictuelle, le gouvernement ghanéen a publiquement salué la coopération des autorités ivoiriennes pour la gestion fluide de ce flux migratoire inversé.

Le dossier est toutefois loin d'être classé pour la diplomatie ghanéenne, qui entend bien transformer les promesses ivoiriennes en actes concrets. La mission diplomatique du Ghana à Abidjan a annoncé qu'elle resterait en première ligne sur le terrain pour suivre l'évolution des procédures d'indemnisation. L'objectif est clair : veiller scrupuleusement à ce que chaque rapatrié reçoive l'intégralité des compensations financières promises par le District d'Abidjan pour le préjudice subi.

Cette évacuation massive rappelle la complexité et le coût social de l'opération « zéro mort » lancée le 2 juin dernier par les autorités ivoiriennes pour libérer les zones à risques avant les grandes pluies. Si l'argument de la salubrité et de la prévention des inondations est mis en avant à Abidjan, la réalité du terrain se conjugue désormais au rythme des drames humains. Pour le Ghana, le défi commence à peine : il faut maintenant réintégrer, loger et redonner une dignité économique à ces 327 citoyens revenus au pays les mains

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