LETTRE OUVERTE DE SÉRAPHIN MONGANE À L'UNION AFRICAINE
À Son Excellence Monsieur le Président en exercice de l’Union africaine
À la Présidence de la Commission de l’Union africaine
À l’ensemble des Commissions, Départements et Institutions de l’Union africaine
Objet : Appel solennel pour une action urgente face à la migration dangereuse de la jeunesse africaine et pour la construction d’un avenir digne sur notre continent
Excellences, Mesdames et Messieurs les responsables de l’Union africaine,
Par la présente, nous avons l’honneur d’attirer votre haute attention sur une situation devenue une urgence continentale : la fuite massive de la jeunesse africaine vers l’étranger, particulièrement vers l’Europe, souvent au péril de leur vie. Chaque année, des milliers de jeunes Africains empruntent des routes migratoires dangereuses à travers les déserts et les mers, exposés aux réseaux criminels, aux naufrages et aux conditions inhumaines. Combien de vies africaines faudra-t-il encore perdre avant qu’une réponse collective et historique soit mise en place ?
Ces jeunes qui quittent notre continent ne fuient pas l’Afrique par manque d’amour pour leur terre, mais parce qu’ils recherchent des opportunités, un emploi, une formation, une sécurité et une dignité. Derrière chaque migrant disparu se trouve une famille endeuillée, une communauté privée d’un talent et un continent qui perd une partie de sa force vive. L’Afrique ne peut plus accepter de voir sa jeunesse mourir ailleurs alors qu’elle représente son plus grand potentiel de développement.
Nous interpellons l’Union africaine afin qu’elle place la jeunesse au cœur de toutes ses politiques. Il est temps de créer une Afrique où un jeune peut étudier, entreprendre, travailler et réussir sans être contraint de prendre des chemins dangereux vers d’autres continents. Nos jeunes méritent des perspectives dans leur propre maison : l’Afrique.
Pour répondre à cette crise, nous proposons dix actions prioritaires : premièrement, investir massivement dans l’éducation, la formation professionnelle et les compétences numériques afin de préparer les jeunes aux emplois du futur. Deuxièmement, mettre en place un vaste programme continental de création d’emplois à travers le soutien aux entrepreneurs, aux petites et moyennes entreprises et aux innovations portées par la jeunesse.
Troisièmement, accélérer la libre circulation des Africains sur le continent en supprimant progressivement les barrières liées aux visas entre États africains. Un jeune Africain doit pouvoir voyager, étudier, entreprendre et travailler en Afrique avec la même facilité que dans d’autres régions du monde. Quatrièmement, créer un Fonds africain pour la jeunesse destiné à financer les projets, les formations et les initiatives créatrices d’emplois.
Cinquièmement, investir dans les secteurs stratégiques capables d’occuper durablement la jeunesse : agriculture moderne, industrie, intelligence artificielle, technologies numériques, énergies renouvelables, infrastructures, tourisme et économie culturelle. Sixièmement, renforcer les universités et les centres de recherche africains afin de retenir nos cerveaux et de transformer nos connaissances en solutions pour notre développement.
Septièmement, instaurer des programmes continentaux de mobilité et d’échanges entre jeunes Africains pour favoriser l’unité, la coopération et le partage des compétences. Huitièmement, améliorer la gouvernance, lutter contre la corruption et garantir un environnement économique stable afin de redonner confiance à la jeunesse africaine.
Neuvièmement, associer davantage les jeunes aux prises de décisions politiques au niveau national et continental, car aucune stratégie de développement durable ne peut réussir sans leur participation. Dixièmement, renforcer la coopération entre les États africains afin de construire une véritable politique continentale de protection, d’accompagnement et d’émancipation de la jeunesse.
Excellences, l’heure n’est plus aux simples déclarations. L’Afrique doit passer à l’action pour mettre fin à cette hémorragie humaine. Chaque jeune Africain qui meurt sur une route migratoire est une perte irréparable pour notre continent. Nous vous lançons cet appel historique : créons ensemble une Afrique où la jeunesse ne cherche plus à fuir, mais choisit de rester pour bâtir l’avenir. Nos jeunes méritent mieux. Ils méritent des opportunités, la paix, la dignité et l’espoir.
Nshakali Mongane Séraphin ✍️
seraphinmongane25@gmail.com
+243977508877
Jeunes engagés pour l’unité et le développement de l’Afrique (JEUDA).
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