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Politique

Fronde cléricale en RDC : L'abbé Blaise Kanda tance le « silence-radio » de la CENCO après l'épopée des Léopards

Par Rédaction Jambo
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Le parcours mémorable de la République démocratique du Congo lors de la Coupe du monde 2026 continue de susciter des vagues d'émotion, s'invitant de manière fracassante au cœur même des débats ecclésiastiques. L'abbé Blaise Kanda, figure cléricale très populaire du diocèse de Mbujimayi et connue pour ses prédications sans concession, a publié une tribune au vitriol sur ses réseaux sociaux. Il y critique ouvertement l'attitude de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), qu'il accuse de bouder la joie légitime du peuple congolais après l'élimination héroïque des Léopards face à l'Angleterre.

L’ecclésiastique fonde sa charge sur une comparaison directe et peu flatteuse avec d'autres institutions religieuses du continent africain, prenant pour exemple le comportement de l'Église de Côte d’Ivoire. Il fait remarquer que la Conférence des évêques ivoiriens a spontanément utilisé ses canaux de communication pour féliciter chaleureusement les Éléphants pour leur parcours honorable lors du même tournoi mondial. En revanche, du côté de la vitrine numérique de la CENCO, qui culmine pourtant à plus de 50 000 abonnés, le prêtre déplore un mutisme total, un silence qu'il qualifie de dédaigneux.

Pour l'abbé Blaise Kanda, ce refus implicite de s'associer à la ferveur sportive nationale trahit une posture théologique et pastorale erronée, qu'il résume par une formule particulièrement percutante : « L’Église n’a pas d’yeux que pour voir le mal ». Selon lui, l'institution ecclésiale a le devoir spirituel de déceler et de célébrer le bien au sein de la société, si minime soit-il, au lieu de se cantonner à un rôle de censeur permanent. Pour appuyer son argumentation, il mobilise les Écritures en citant le prophète Isaïe, rappelant que le Christ lui-même ne brisera jamais le roseau cassé.

Loin de limiter sa diatribe à une simple déception de supporter, le prêtre donne une véritable épaisseur doctrinale à son reproche en invoquant les textes fondamentaux du Concile Vatican II. Il cite textuellement les premières lignes de la constitution pastorale *Gaudium et spes*, qui stipule que les joies, les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps sont aussi ceux des disciples du Christ. Le prêtre pointe ainsi une contradiction majeure chez les évêques congolais, qu'il accuse de sélectionner uniquement les malheurs du pays pour nourrir leur agenda de communication.

Le cœur du texte de l'abbé Kanda met en lumière le paradoxe sociologique d'une RDC épuisée par les crises, où la seule bouffée d'oxygène collective est traitée avec indifférence par les princes de l'Église. Pour l’auteur, la communion nationale autour du onze national méritait une reconnaissance pastorale, car elle a permis d'unifier temporairement un peuple meurtri. En ignorant cette liesse, la hiérarchie catholique donne l'impression, selon lui, d'ériger la tristesse et l'angoisse comme les seules réalités légitimes de l'existence congolaise en cette année 2026.

Dans un détour sémantique malicieux, l'abbé Blaise Kanda utilise une formule qui résonne fortement avec l'actualité politique et les récentes déclarations des hauts dignitaires de l'Église. Il ironise sur le fait que la hiérarchie catholique ne semble voir « ni la nécessité, ni l’urgence, ni l’opportunité » de féliciter les hommes de Sébastien Desabre. En reprenant ces termes souvent appliqués aux débats constitutionnels, le prêtre reproche à ses supérieurs d'appliquer des filtres de pertinence purement bureaucratiques à un événement qui a pourtant fait vibrer l'âme de toute la population.

Pour justifier la hardiesse et le caractère public de sa démarche envers sa propre hiérarchie, le prêtre congolais, qui s’auto-identifie avec ironie comme « le lépreux pro Max », invoque une jurisprudence biblique majeure. Il se réfère au chapitre deux de l'épître aux Galates, où l'apôtre Paul n'avait pas hésité à faire publiquement une remontrance sévère à Saint Pierre, alors chef de l'Église. C’est sous ce protectorat spirituel que l'abbé Kanda s'autorise à recadrer « Leurs Excellences » les évêques de la RDC, au nom de ce qu'il estime être la vérité de l'Évangile.

En conclusion, cette prise de parole publique illustre les fractures internes qui traversent le clergé congolais quant au rôle social de l'Église au milieu des crises à répétition. La tribune de l'abbé Blaise Kanda rappelle que les performances des Léopards ont transcendé le cadre purement sportif pour devenir un sujet de débat théologique et de gouvernance pastorale. Reste à savoir si ce coup de semonce numérique poussera la CENCO à sortir de sa réserve pour saluer enfin les fauves, ou si elle choisira de feinter ce prêtre rebelle.

Enseignement de l'Abbé Blaise Kanda sur la foi offre un aperçu direct de l'art oratoire et du style de prédication percutant qui font la popularité de ce prêtre dans ses prises de parole publiques en RDC.


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