La gestion sanitaire de l'épidémie d'Ebola prend une tournure politique et internationale d'une rare violence, illustrant la doctrine ultra-protectionniste de la nouvelle administration américaine. Donald Trump a fermement manifesté sa volonté d’imposer l’Europe comme terre d'accueil et de traitement pour les ressortissants américains touchés ou exposés au virus sur le continent africain. Cette stratégie d'externalisation médicale s'accélère alors que Washington vient de subir un camouflet juridique majeur en Afrique de l'Est : la Haute Cour de justice du Kenya a officiellement opposé son veto au projet américain visant à installer sur le sol kényan un centre de transit et de soins pour les citoyens américains infectés, rejetant catégoriquement les compensations financières substantielles promises en contrepartie par la Maison-Blanche.
Devant cette impasse logistique sur le continent africain, l'axe transatlantique est désormais utilisé comme soupape de sécurité par les services secrets et sanitaires de Washington. Pas moins de sept ressortissants américains fortement exposés au virus Ebola en Afrique ont d'ores et déjà été discrètement transférés vers le sol européen, notamment en Allemagne, afin d'y être placés sous stricte surveillance médicale ou d'y recevoir des soins d'urgence. Pendant que les hôpitaux européens gèrent ces cas hautement contagieux, les autorités américaines maintiennent une fin de recevoir inflexible quant à un éventuel retour de leurs propres enfants de la patrie, refusant catégoriquement le moindre rapatriement sanitaire sur le sol des États-Unis.
Cette politique de la porte fermée est assumée au plus haut sommet de l'État américain, au mépris des conventions habituelles sur la protection des nationaux à l'étranger. Le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a publiquement scellé cette doctrine d'exclusion sanitaire par une déclaration sans ambiguïté qui résonne comme un aveu de panique institutionnelle : « Nous ne pouvons pas et nous ne permettrons pas que des cas d’Ebola entrent aux États-Unis ». En érigeant un cordon sanitaire impénétrable autour de ses frontières quitte à sous-traiter le risque biologique à ses alliés européens, Washington redéfinit les règles de la diplomatie humanitaire et confirme que, face à la peur de l'épidémie, la Realpolitik et la sécurité intérieure priment sur la solidarité nation
ale.
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