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Politique

Les peuples disent non au changement de la constitution en RDC

Par Rédaction Jambo
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Le spectre du troisième mandat et de la présidence à vie

Au cœur de la colère populaire se trouve une méfiance historique envers les réformes constitutionnelles initiées par les régimes en place. Pour une grande majorité de Congolais, modifier la Constitution est synonyme de manœuvre politique visant à sauter les verrous limitant le nombre de mandats présidentiels.

Les arguments avancés par les opposants au changement sont clairs :

  • La défense des acquis démocratiques : La Constitution de 2006 est le fruit d'un consensus historique (issu de l'accord global et inclusif de Sun City) qui a permis de stabiliser le pays après des années de guerres civiles.

  • Le refus du recul démocratique : Les citoyens craignent un retour aux sombres heures de la dictature et du parti unique, où le pouvoir était concentré entre les mains d'un seul homme.

  • La priorité aux vrais problèmes : Pour la population, l'urgence nationale ne réside pas dans les textes juridiques, mais dans la sécurité à l'Est, la baisse du pouvoir d'achat, l'accès à l'eau, à l'électricité et la création d'emplois.

La voix de la rue : « Nous n'avons pas besoin d'une nouvelle Constitution, nous avons besoin d'une nouvelle gouvernance. Ce ne sont pas les articles de la loi qui bloquent le développement du pays, c'est le manque de volonté politique », s'indigne un activiste pro-démocratie lors d'un rassemblement à Kinshasa.

Une mobilisation citoyenne et multisectorielle

La résistance à ce projet de révision constitutionnelle ne se limite pas aux partis politiques de l'opposition. Elle a pris la forme d'un véritable front commun citoyen :

Acteurs de la contestation Mode d'action et positionnement
Mouvements Citoyens (Lucha, Filimbi) Campagnes de sensibilisation, sit-in et manifestations de rue pour éveiller la conscience populaire.
Confessions Religieuses (CENCO, ECC) Prises de parole morales rappelant l'importance du respect des textes pour préserver la paix sociale.
Société Civile & Syndicats Ateliers juridiques et déclarations conjointes pour dénoncer l'inopportunité d'une telle démarche.

Des grandes villes comme Goma, Bukavu, Lubumbashi jusqu'aux artères de la capitale, les sifflets et les banderoles rappellent aux dirigeants que le souverain primaire — le peuple — reste le seul gardien de la légitimité républicaine.

Les risques majeurs d'une crise politique évitable

S'obstiner à vouloir changer la Constitution dans un climat de rejet aussi massif expose la RDC à de graves turbulences. Les analystes politiques redoutent une polarisation extrême de la société qui pourrait paralyser les institutions.

De plus, alors que le pays fait déjà face à une agression extérieure et à une crise humanitaire dramatique dans sa partie orientale, ouvrir un front politique interne est perçu par beaucoup comme une dangereuse distraction. La cohésion nationale, si fragile et pourtant si nécessaire pour vaincre l'insécurité à l'Est, risque de voler en éclats si le pouvoir central décide de passer en force.

Conclusion : L'heure du choix pour les dirigeants

La Constitution congolaise n'est certes pas un texte sacré immuable, et elle peut nécessiter des ajustements techniques au fil du temps. Cependant, un changement de Constitution ne peut se faire contre la volonté du peuple qu'elle est censée protéger.

En disant « non », les peuples de la RDC envoient un message de maturité politique remarquable. Ils rappellent que la force d'une nation ne réside pas dans la malléabilité de ses lois au gré des intérêts du moment, mais dans la stabilité de ses institutions et le respect de la parole donnée. Le pouvoir de Kinshasa se trouve désormais face à un choix crucial : écouter la clameur populaire ou prendre le risque de rompre définitivement le pacte de confiance avec la nation.

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