URGENT Tragédie à Beni : l’artiste comédien Shukurani Nzanzu Mangese fauché dans une attaque sanglante des ADF
Politique

L'Illusion de la Perfectibilité : Pourquoi Toucher à la Constitution Menace l'Avenir de la RDC

Par Rédaction Jambo
4 vues

La réflexion du professeur Évariste Boshab sur la nature imparfaite et perfectible de la Constitution soulève une question philosophique séduisante, mais elle occulte un péril politique immédiat. En présentant la loi fondamentale comme une œuvre humaine ouverte aux retouches, ce discours ouvre en réalité la boîte de Pandore. Dans un contexte de fragilité démocratique, instrumentaliser l'imperfection inhérente à tout texte juridique pour justifier sa modification est un jeu dangereux qui menace de fragiliser les fondements mêmes de l'État.

Le cœur du danger réside dans cette notion de retouche opérée « à contretemps » que le constitutionnaliste évoque lui-même. Modifier ou changer la Constitution aujourd'hui ne répond pas à une demande sociale pressante, mais s'apparente plutôt à une manœuvre d'opportunisme politique visant à redéfinir les règles du jeu en plein match. Forcer une révision dans un climat de méfiance générale et de tensions politiques accrues risque de rompre le pacte républicain hérité de l'accord de Sun City, qui a tant bien que mal garanti une relative stabilité et la première alternance pacifique du pays.

Présenter le projet de changement constitutionnel comme une simple évolution technique est une stratégie de diversion qui cache mal l'ambition de verrouiller le pouvoir. L'histoire politique de la région démontre que derrière les arguments académiques de "modernisation" ou de "souveraineté textuelle" se cache presque toujours la volonté de faire sauter les verrous limitant les mandats présidentiels. Prétendre vouloir corriger des faiblesses structurelles pour le bien de la nation est un prétexte qui affaiblit la sacralité de la loi fondamentale et la subordonne aux intérêts éphémères des dirigeants en place.

Ce projet fait peser un risque immense sur la paix sociale et la stabilité de la République démocratique du Congo. La Constitution n'est pas parfaite, mais elle est le ciment qui maintient ensemble les différentes composantes d'une nation géographiquement immense et politiquement plurielle. Toucher à cet équilibre précaire, contre l'avis d'une grande partie de la société civile, de l'opposition et des forces religieuses, revient à jeter une étincelle sur un baril de poudre, au risque de plonger à nouveau le pays dans des crises de légitimité sans fin.

De plus, l'argument de la perfectibilité humaine ne peut en aucun cas valider l'instabilité juridique. Si chaque gouvernement successif se donne le droit de réécrire la charte suprême sous prétexte qu'elle est imparfaite, la RDC ne construira jamais d'institutions fortes et durables. Les investisseurs, les partenaires internationaux et les citoyens eux-mêmes ont besoin de prévisibilité. Un pays qui change de Constitution au gré des régimes envoie le signal d'un État immature, incapable de se plier aux règles qu'il s'est lui-même fixées.

En définitive, la sagesse politique commande de rejoindres les voix qui rejettent ce projet de révision ou de changement constitutionnel. Le véritable progrès d'une nation ne se mesure pas à la pureté théorique de ses textes, mais à la capacité de ses dirigeants à respecter les lois existantes. Avant de vouloir parfaire la Constitution, il conviendrait d'abord de l'appliquer pleinement dans ses dispositions protectrices des droits et des libertés. L'urgence pour le peuple congolais n'est pas de refaire les textes, mais de voir ses aspirations à la sécurité, à la justice et au bien-être enfin concrét

isées.


Réactions (0)

Laissez un commentaire

Soyez le premier à réagir à cet article.

Restez informé !

Recevez nos articles directement dans votre boîte mail.