L’arène politique de la République Démocratique du Congo traverse une nouvelle zone de fortes turbulences. Invité d’un espace de discussion virtuel animé par le journaliste Stanis Bujakera, l’ancien ministre José Makila a jeté un pavé dans la mare en contestant frontalement la légitimité du président burundais, Évariste Ndayishimiye, à jouer les médiateurs. Devant un auditoire attentif, incluant la figure de proue de l'opposition Martin Fayulu, ce cadre du Front Commun pour le Congo (FCC) a exprimé ses profonds doutes quant à l'impartialité du chef d'État voisin pour orchestrer un dialogue entre le pouvoir de Kinshasa et ses détracteurs.
Pour ce haut responsable de la plateforme « Sauvons le Congo », la posture arbitrale que tente d’endosser le président burundais se heurte à une réalité militaire implacable sur le terrain. Comment prétendre à la neutralité lorsque les troupes de son propre pays sont officiellement engagées dans les affrontements qui ensanglantent l'est de la RDC ? Selon lui, cette implication directe des forces burundaises disqualifie d'office Bujumbura, transformant un médiateur théorique en une partie prenante indissociable du conflit régional.
Au-delà de la question de la neutralité, l’ancien ministre s'interroge ouvertement sur l'origine et la validité du mandat d'Évariste Ndayishimiye. Cette irruption de la diplomatie burundaise soulève un flou institutionnel, notamment face aux initiatives concurrentes qui s'entrechoquent sur le continent. José Makila a ainsi publiquement demandé ce qu’il était advenu de la mission de conciliation précédemment confiée par l’Union africaine au président togolais, Faure Gnassingbé, pointant du doigt les contradictions de la diplomatie africaine.
Cette sortie médiatique a également été l’occasion pour le cadre du FCC de poser un regard critique sur la stratégie interne de ses pairs de l'opposition. Visant directement la coalition C64, il a fermement déploré la décision de reporter la marche de protestation qui était initialement programmée pour le 8 juillet. Pour lui, ce recul face à la rue constitue une erreur tactique majeure qui risque de casser la dynamique de contestation citoyenne.
Loin de prôner l'attentisme, l’homme politique a lancé un appel vibrant à maintenir une mobilisation populaire continue et sans concessions. Il avertit ses alliés politiques contre ce qu’il qualifie de « piège » tendu par le régime en place, conçu pour endormir la vigilance de l’opinion publique. Selon sa lecture de la situation, céder sur le calendrier des manifestations revient à abandonner un rapport de force indispensable face au pouvoir de Félix Tshisekedi.
Le cœur du combat reste avant tout institutionnel et touche aux fondements mêmes de l'État congolais. José Makila a réitéré son attachement indéfectible à la Constitution historique du 18 février 2006, un texte qu'il considère comme le bouclier de la République. À ses yeux, cette loi fondamentale est la source unique et exclusive de la légitimité de toutes les institutions actuelles, y compris celle du président de la République dont il conteste le projet de révision.
Face aux rumeurs de négociations en coulisses, l'ancien ministre a tenu à fermer définitivement la porte à la politique du « partage de gâteau ». Il rejette catégoriquement l'idée d'un dialogue de façade qui n'aboutirait qu'à une redistribution des postes ministériels ou à une transition prolongée. Pour le FCC, le salut politique ne réside pas dans un arrangement à l'amiable avec le pouvoir, mais dans le respect strict des règles démocratiques.
En guise de perspective, l'accent doit être mis exclusivement sur les réformes structurelles du système électoral. José Makila plaide pour que l'énergie de l'opposition se concentre dès à présent sur le verrouillage technique et transparent du processus électoral en prévision de l'échéance majeure de 2028. Une manière de signifier que la bataille pour l'alternance se jouera dans la clarté des urnes, et non dans les salons feutrés des médiations régionales.
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