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Culture & Divertissement

Népal : à 2 ans et 8 mois, Aryatara Shakya devient une « déesse vivante »

Par Rédaction Jambo
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À seulement 2 ans et 8 mois, Aryatara Shakya vient d’être choisie au Népal comme nouvelle Kumari, une figure traditionnellement considérée comme une « déesse vivante ». Elle a été officiellement présentée lors de la fête hindoue de Dashain, succédant à la précédente Kumari dont le mandat a pris fin après avoir atteint l’âge correspondant à la fin traditionnelle de cette fonction.

La tradition des Kumari est profondément enracinée dans la culture de la communauté newar de la vallée de Katmandou. La Kumari est vénérée aussi bien par certains hindous que par des bouddhistes. Elle occupe ainsi une place particulière dans la vie religieuse et culturelle du Népal, où cette tradition ancienne continue d’être observée.

Pour devenir Kumari, une fille doit répondre à des critères particulièrement stricts. Elle doit notamment appartenir au clan Shakya de la communauté newar, être prépubère et être considérée comme parfaitement saine. La tradition exige également qu’elle ne présente pas certaines cicatrices, blessures ou imperfections physiques susceptibles d’être incompatibles avec son statut.

La candidate est également examinée selon un ensemble de caractéristiques physiques traditionnellement appelées les « 32 perfections ». Ces critères concernent notamment différents aspects du corps et de l’apparence : les yeux, les dents, les cheveux, la peau, la voix, la constitution physique et d’autres caractéristiques considérées comme favorables selon la tradition.

La sélection comporte aussi une dimension religieuse et rituelle. Les autorités traditionnelles compétentes participent au processus afin d’identifier la candidate répondant aux critères prescrits. Certaines croyances associent également la sélection à des épreuves destinées à observer le comportement et le courage de l’enfant dans des situations particulières.

Une fois choisie, la Kumari commence une existence très différente de celle d’une enfant ordinaire. Elle vit dans un palais-temple et reçoit des personnes venues lui rendre hommage. Ses déplacements et ses contacts avec le monde extérieur sont fortement encadrés, tandis que sa famille doit s’adapter à son nouveau statut religieux.

Le statut de Kumari n’est toutefois pas définitif. Contrairement à une fonction exercée pour toute la vie, il prend traditionnellement fin lorsque la jeune fille atteint la puberté, notamment lors de ses premières menstruations. Il n’existe donc pas d’âge universel de fin : selon les cas, cela peut arriver au début de l’adolescence, souvent autour de 11 à 13 ans.

Selon les règles traditionnelles, une perte importante de sang peut également entraîner la fin du statut de Kumari. Cette particularité explique pourquoi l’absence de blessures et l’intégrité physique de la candidate font partie des critères traditionnellement pris en compte lors de la sélection.

Pour Aryatara Shakya, cette transformation intervient alors qu’elle n’a encore que 2 ans et 8 mois. Son père, Ananta Shakya, a résumé ce changement avec une phrase saisissante : « Hier encore, elle était simplement ma fille. Aujourd’hui, elle est une déesse. » Derrière cette déclaration se trouve le passage brutal d’une vie familiale ordinaire à une existence régie par une tradition religieuse séculaire.

La tradition des Kumari demeure aujourd’hui l’une des pratiques culturelles les plus singulières du Népal. Elle fascine par son ancienneté et sa dimension spirituelle, tout en suscitant des interrogations sur l’enfance, l’éducation, la liberté et les conditions de vie des jeunes filles choisies. Malgré ces débats, l’institution continue d’exister et Aryatara Shakya devient désormais, à son très jeune âge, la nouvelle incarnation de cette tradition.


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