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🇬🇦🇺🇸 Poulet de chair : Washington saisit l’OMC, le Gabon défend sa souveraineté alimentaire

Par Rédaction Jambo
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Le bras de fer commercial entre le Gabon et les États-Unis prend une nouvelle dimension. À l’approche de l’interdiction des importations de poulet de chair prévue à partir du 1er janvier 2027, Washington a interpellé Libreville au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Le gouvernement gabonais a officiellement pris acte de cette démarche lors du Conseil des ministres du 18 septembre 2026, tenu à Port-Gentil. 

Cette mesure gabonaise avait été annoncée en mai 2025 dans le cadre d’une politique visant à renforcer la production nationale. Les autorités souhaitent donner davantage d’espace aux producteurs locaux, stimuler les investissements dans l’élevage, créer des emplois et réduire la dépendance du pays vis-à-vis des importations alimentaires. La Présidence gabonaise avait alors présenté l’interdiction comme un moyen de renforcer la filière avicole et la balance commerciale du pays. 

La démarche américaine intervient donc à quelques mois de l’entrée en vigueur de cette décision. D’après L’Economie, le gouvernement gabonais entend désormais préparer une stratégie juridique et diplomatique pour défendre sa politique devant les mécanismes du commerce international. Le communiqué officiel du Conseil des ministres précise que Libreville compte notamment s’appuyer sur les exceptions prévues par les accords de l’OMC afin de prévenir un éventuel contentieux commercial. 

Le dossier met ainsi en lumière une question classique du commerce international : jusqu’où un État peut-il aller pour protéger et développer une production nationale tout en respectant ses engagements commerciaux internationaux ? Le Gabon devra démontrer que sa mesure peut être défendue dans le cadre juridique de l’OMC. Pour l’heure, le communiqué gabonais ne détaille pas les arguments précis avancés par les États-Unis ni la procédure exacte engagée auprès de l’organisation internationale. Pour Libreville, l’enjeu dépasse donc la seule question du poulet importé. Il s’inscrit dans une stratégie plus large de souveraineté alimentaire et de transformation de l’économie nationale. L’objectif affiché est de favoriser la production locale plutôt que de maintenir une forte dépendance aux produits venus de l’extérieur. Cette orientation pourrait toutefois nécessiter des investissements importants dans l’alimentation animale, les infrastructures d’élevage, la transformation, la conservation et la distribution.

Le gouvernement gabonais privilégie parallèlement la négociation diplomatique. Le Conseil des ministres a demandé l’élaboration d’une stratégie combinant la défense des intérêts économiques du pays et le dialogue avec ses partenaires. Cette approche vise notamment à éviter que le différend ne se transforme en véritable contentieux commercial devant les mécanismes de règlement des différends de l’OMC. 

Un autre élément complique cependant le contexte : le Conseil des ministres a également été informé d’arriérés de contribution du Gabon auprès de l’OMC, évalués à 228 997 francs suisses, soit environ 164 millions de francs CFA. Cette situation financière intervient alors que Libreville doit défendre une mesure commerciale stratégique auprès de cette même organisation. 

À quelques mois du 1er janvier 2027, le dossier reste donc ouvert. Le Gabon devra concilier trois impératifs : soutenir sa filière avicole, préserver les intérêts des consommateurs et défendre sa politique dans le respect de ses engagements internationaux. La confrontation avec Washington pourrait ainsi devenir un test important pour la stratégie gabonaise de souveraineté alimentaire et pour sa capacité à protéger certaines productions nationales dans le cadre des règles du commerce mondial. 


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