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RDC-Ouganda : Les Dessous Explosifs du Limogeage du Général Johnny Luboya en Ituri

Par Rédaction Jambo
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Un séisme politique et militaire vient de secouer la province de l’Ituri. Le chef de l’armée ougandaise (UPDF), Muhoozi Kainerugaba, s’est ouvertement réjoui sur le réseau social X du rappel à Kinshasa du lieutenant-général Johnny Luboya Nkashama. Dans un message direct, le fils du président Yoweri Museveni a chaleureusement remercié le président Félix Tshisekedi pour avoir évincé un gouverneur militaire qu’il qualifiait publiquement de « toxique », officialisant ainsi une rupture qui couvait dans l'ombre des états-majors.

Ce dénouement marque le point d'orgue de plusieurs années de relations glaciales et de vifs affrontements verbaux entre les deux hauts gradés. En poste depuis mai 2021 dans le cadre de l’état de siège, Johnny Luboya s'est érigé en obstacle majeur face aux ambitions de Kampala. Le général congolais gérait d'une main de fer une province stratégique, étouffant les tentatives d'extension de l'influence militaire ougandaise au-delà des zones initialement convenues pour la traque des rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF).

Derrière l'apparente coopération bilatérale de l'opération conjointe « Shujaa », une féroce guerre d'influence et de contrôle des ressources économiques se jouait sur le terrain. L'Ouganda reprochait secrètement au gouverneur militaire sortant de brider le déploiement de ses troupes et de faire obstacle à certains réseaux de contrebande, notamment dans la très lucrative filière de l'or de l'Ituri. La tension était devenue telle que Muhoozi Kainerugaba avait formulé un ultimatum public, menaçant de retirer ses troupes de Lubero si Luboya restait en place.

Pour la présidence congolaise, ce remplacement par le général-major Kasongo Mulumba Gaby répond à une équation politique devenue intenable. Confronté à une crise sécuritaire persistante, à d'importants déplacements de populations et à la résurgence d'urgences sanitaires, Félix Tshisekedi a dû arbitrer entre le maintien d'un officier nationaliste intransigeant et la préservation de son alliance militaire stratégique avec Kampala. Le départ de Luboya apparaît ainsi comme une concession majeure accordée à l'allié ougandais.

Cette ingérence décomplexée du chef de l'armée ougandaise dans les nominations intérieures de la RDC suscite une vague d'indignation au sein de l'opinion publique congolaise et des mouvements citoyens. De nombreux observateurs dénoncent une humiliation pour la souveraineté nationale, redoutant que le nouveau gouverneur militaire ne dispose pas de la marge de manœuvre nécessaire face aux exigences de l'UPDF. Le triomphalisme affiché par Kampala jette une ombre lourde sur la véritable indépendance de Kinshasa dans la gestion de ses frontières.

L'avenir de l'Ituri se dessine désormais en pointillés sous cette nouvelle direction militaire. Alors que le général Kasongo Mulumba prend ses fonctions, le principal défi sera de prouver aux administrés que ce changement de leadership n'est pas synonyme de capitulation face aux intérêts géopolitiques de l'Ouganda. La réussite ou l'échec de cette nouvelle gouvernance face à la menace persistante des ADF déterminera si le rappel de Johnny Luboya était un calcul politique habile ou une dangereuse concession territoriale.


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