La Tanzanie a réaffirmé son soutien à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la République démocratique du Congo. Lors de leur rencontre à Zanzibar, le président Félix Tshisekedi et son homologue tanzanienne, Samia Suluhu Hassan, ont appelé à une cessation immédiate des hostilités dans l’Est de la RDC.
Les deux dirigeants ont également insisté sur la nécessité du retrait des forces étrangères présentes sur le territoire congolais, conformément à l’objectif de parvenir à une paix durable dans la région des Grands Lacs.
Félix Tshisekedi et Samia Suluhu Hassan ont, par ailleurs, réitéré leur confiance dans les processus de paix engagés à Washington et à Doha. Ces deux cadres de dialogue sont considérés comme des leviers importants pour parvenir à une solution politique et diplomatique à la crise sécuritaire qui persiste dans l’Est de la RDC.
Au-delà de la question sécuritaire, Kinshasa et Dodoma entendent également approfondir leur coopération bilatérale. Les deux pays ont convenu de renforcer leurs échanges dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment les mines, l’énergie et les transports.
Cette volonté de rapprochement traduit l’ambition des deux États de consolider leurs relations économiques et politiques, tout en faisant de la coopération régionale un instrument au service de la stabilité et du développement.
La rencontre de Zanzibar intervient ainsi dans un contexte régional marqué par la recherche de solutions diplomatiques aux conflits dans l’Est congolais. Pour Kinshasa comme pour Dodoma, la cessation des hostilités, le respect de la souveraineté des États et le retrait des forces étrangères demeurent des conditions essentielles à une paix durable.
La RDC et la Tanzanie partagent également une forte proximité géographique et stratégique autour du lac Tanganyika. Cette position commune offre d’importantes possibilités pour développer le transport maritime, faciliter la circulation des marchandises et renforcer les échanges. En 2025, les cargaisons destinées à la RDC ou provenant de celle-ci via les ports tanzaniens de Dar es Salaam et Tanga ont atteint 7 239 741 tonnes, contre 4 180 902 tonnes en 2024, soit une hausse de 73,2 %. La RDC représentait ainsi 51 % du fret de transit traité par les ports tanzaniens cette année-là.
Sur le plan commercial, la Tanzanie constitue une porte d’accès importante pour les produits et les minerais congolais vers les marchés internationaux. Le port de Dar es Salaam dispose d’une capacité nominale de 14,1 millions de tonnes de marchandises sèches et de 6 millions de tonnes de vrac liquide, et traite environ 95 % du commerce international tanzanien. Les échanges de cargaisons entre la Tanzanie et la RDC sont ainsi passés d’environ 2,95 millions de tonnes en 2021-2022 à près de 5,995 millions de tonnes en 2024-2025, soit plus du double en trois ans.
L’agriculture constitue également un domaine de complémentarité. Les deux pays disposent de vastes terres agricoles et peuvent développer davantage les échanges de produits alimentaires, les chaînes de valeur agricoles, la transformation locale et les investissements dans les infrastructures rurales. Cette coopération pourrait contribuer à renforcer la sécurité alimentaire et à créer davantage d’emplois.
Les secteurs minier et énergétique représentent un autre point commun majeur. La RDC possède d’immenses ressources minières, tandis que la Tanzanie dispose elle aussi d’importantes ressources naturelles et d’une expérience dans leur exploitation. Une coopération mieux structurée pourrait favoriser la transformation locale, les infrastructures énergétiques et les investissements responsables plutôt que de limiter les échanges à l’exportation des matières premières.
Les deux États ont également intérêt à renforcer leur coopération dans l’éducation, la formation professionnelle et les télécommunications. La coopération bilatérale couvre déjà des domaines comme la défense, la sécurité, le commerce, l’agriculture, l’éducation, l’énergie et les infrastructures. En mai 2026, les compagnies publiques TASHICO et LMC ont en outre conclu un partenariat autour du corridor central, avec l’ambition de mieux relier les échanges entre l’océan Indien et l’espace économique d’Afrique centrale, représentant un marché de plus de 160 millions de consommateurs.
La culture et les échanges entre les populations constituent aussi un lien important. La proximité de plusieurs communautés de la région des Grands Lacs et l’usage du kiswahili dans une partie de l’espace congolais facilitent les contacts humains et commerciaux. La Tanzanie considère d’ailleurs le kiswahili comme un instrument de diplomatie et d’intégration régionale.
Sur le plan régional, la RDC et la Tanzanie partagent également un intérêt pour la stabilité des Grands Lacs et de l’Afrique de l’Est et centrale. Les deux pays participent à des cadres régionaux et soutiennent l’idée d’une coopération accrue entre États africains afin de prévenir les conflits, faciliter le commerce et favoriser l’intégration économique.
La sécurité constitue enfin un autre axe de rapprochement. Kinshasa et Dodoma ont déjà affiché leur volonté de coopérer dans les domaines de la défense et de la sécurité, notamment face aux conséquences régionales de la crise dans l’Est de la RDC. Cette convergence donne à leur partenariat une dimension qui dépasse largement les seuls intérêts économiques.
Ainsi, au-delà de leur soutien commun aux efforts de paix, la RDC et la Tanzanie disposent d’un véritable potentiel de partenariat stratégique. Transport, commerce, mines, énergie, agriculture, éducation, télécommunications, culture et sécurité constituent autant de domaines susceptibles de rapprocher davantage Kinshasa et Dodoma.
Le défi sera désormais de transformer ces convergences en projets concrets et durables, capables de bénéficier directement aux populations. La RDC et la Tanzanie travaillent notamment à améliorer les corridors de transport : selon le ministère congolais du Commerce extérieur, la mise en place de postes frontaliers à arrêt unique pourrait faire passer le délai de transit entre la RDC et le port de Dar es Salaam de 45-55 jours à environ 10 jours, voire 5 jours à terme. Ces chiffres illustrent l’enjeu économique du rapprochement entre Kinshasa et Dodoma : réduire les coûts et les délais, accroître les échanges et faire de leur proximité géographique un véritable moteur de croissance et de stabilité dans la région des Grands Lacs.
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