Washington dans le viseur de Kigali : le Rwanda accuse les États-Unis de favoritisme dans la crise avec la RDC
Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a exprimé sa profonde déception face à ce qu'il qualifie de « partialité de plus en plus criante » des États-Unis dans la gestion du conflit opposant le Rwanda à la République démocratique du Congo. Dans un entretien accordé à France 24, le chef de la diplomatie rwandaise estime que Washington ne traite pas les deux parties avec la même équité.
Selon Kigali, l'accord de paix signé le 27 juin 2025 entre le Rwanda et la RDC n'a pas été respecté par Kinshasa. Le gouvernement rwandais affirme que les autorités congolaises n'ont entrepris aucune action concrète pour neutraliser les FDLR, un engagement pourtant inscrit dans les dispositions de cet accord.
Olivier Nduhungirehe dénonce également ce qu'il considère comme une incohérence de la politique américaine. Il s'interroge sur les sanctions prises uniquement contre le Rwanda, alors que, selon lui, les États-Unis reconnaissent eux-mêmes que la RDC n'a pas rempli l'ensemble de ses obligations sécuritaires.
Le chef de la diplomatie rwandaise estime que cette différence de traitement traduit un désalignement croissant entre les intérêts stratégiques de Washington et ceux de Kigali. Pour lui, cette situation remet en question le rôle d'arbitre impartial que les États-Unis souhaitent jouer dans la région des Grands Lacs.
Interrogé sur le retrait des troupes rwandaises de l'est de la RDC, une demande formulée à plusieurs reprises par les États-Unis, le ministre n'a avancé aucun calendrier précis. Il a toutefois laissé entendre que cette question reste liée au respect des engagements sécuritaires par la partie congolaise.
Réagissant à la plainte déposée par la RDC devant la Cour internationale de Justice, qui accuse le Rwanda de mener une « campagne génocidaire » depuis 1996, Kigali rejette catégoriquement ces accusations. Le ministre rwandais les qualifie de manœuvre politique et accuse, à son tour, les autorités congolaises d'entretenir une collaboration avec les FDLR.
Le responsable rwandais affirme également que des Congolais tutsi auraient été victimes de discours de haine et d'actes de violence en RDC. Selon lui, ces faits sont insuffisamment pris en compte par la communauté internationale, qui concentre davantage ses critiques sur le Rwanda.
Ces déclarations illustrent la persistance des tensions diplomatiques entre Kigali et Washington, malgré les efforts de médiation engagés autour du processus de paix entre le Rwanda et la RDC. Elles montrent aussi que la mise en œuvre de l'accord de paix demeure fragile, chaque partie continuant à accuser l'autre de ne pas respecter ses engagements.
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