Les déclarations de Martin Fayulu au sujet de la communauté banyamulenge continuent de provoquer des réactions dans l’espace politique congolais. L’opposant est notamment critiqué après avoir tenu des propos interprétés comme remettant en cause l’appartenance des Banyamulenge à la nation congolaise.
Ancien vice-président de la République et membre de cette communauté, Azarias Ruberwa a réagi en appelant Martin Fayulu à retirer ses déclarations. Il estime que ces propos constituent une « insulte » à l’égard des Banyamulenge et risquent d’alimenter davantage les tensions identitaires dans un contexte national déjà marqué par de profondes divisions.
Azarias Ruberwa rappelle que les Banyamulenge sont établis depuis plusieurs siècles dans l’Est de la République démocratique du Congo, notamment dans certaines zones du Sud-Kivu. Pour lui, leur appartenance à la nation congolaise ne devrait pas être déterminée par l’apparence physique, l’origine supposée ou l’identité ethnique.
L’ancien vice-président insiste ainsi sur la dimension juridique de la nationalité. Selon cette approche, l’appartenance à un État repose avant tout sur un lien légal et civique, et non sur le faciès ou l’appartenance communautaire. Il met en garde contre tout discours susceptible de transformer les différences identitaires en critères d’exclusion nationale.
Ruberwa estime également que la position défendue par Martin Fayulu pourrait laisser une trace négative dans l’histoire politique de la RDC. Il avertit que l’opposant pourrait être « sévèrement jugé par l’histoire » s’il maintient des propos considérés comme susceptibles d’exacerber les fractures communautaires.
L’ancien vice-président a par ailleurs dénoncé les bombardements qui, selon lui, toucheraient des populations banyamulenge. Il s’interroge notamment sur ce qu’il considère comme une différence de traitement entre certaines communautés victimes des violences dans l’Est du pays, dans un contexte où les affrontements armés continuent de provoquer des déplacements et des pertes humaines.
Dans son argumentaire, Azarias Ruberwa évoque également Corneille Nangaa, président de l’AFC/M23 et originaire du Haut-Uélé. Il s’interroge sur le fait que le milieu d’origine de ce responsable politique et militaire ne subirait pas, selon lui, les mêmes bombardements que certaines zones habitées par des Banyamulenge. « Nangaa, qui préside aux destinées de l’AFC/M23, est de la province du Haut-Uélé. Avez-vous déjà vu son village bombardé ? », a-t-il lancé.
Cette controverse relance ainsi le débat sur l’identité nationale, la citoyenneté et la lutte contre les discriminations en République démocratique du Congo. Au-delà des divergences politiques, la question demeure particulièrement sensible dans un pays marqué par plusieurs décennies de conflits dans l’Est. Pour préserver la cohésion nationale, le débat public devrait privilégier le droit, les faits établis et le respect de toutes les communautés congolaises, tout en condamnant sans distinction les violences et les violations des droits humains.
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